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Guam et les Mariannes du Nord se barricadent à l'approche du super typhon Bavi
Ils barricadent leurs boutiques ou s'apprêtent à rejoindre des centres d'évacuation sous une pluie déjà battante et des vents violents: les habitants de Guam et des îles Mariannes du Nord se préparent dimanche au passage d'un super typhon sur ces territoires américains du Pacifique.
Avec des vents à 280 km/h — équivalents à un ouragan de catégorie 5 — et des rafales pouvant atteindre 333 km/h, Bavi devrait atteindre la zone tôt lundi matin.
Dimanche, les véhicules sont rares sur les routes de Guam (170.000 habitants) et des Mariannes du Nord (40.000), déjà balayés par pluies battantes et vents violents. La police patrouille pour appeler à la vigilance.
Le service météorologique américain (NWS) a jugé le typhon "très dangereux", mettant en garde contre l'arrivée de vents violents dès dimanche et de possibles dégâts "catastrophiques" à proximité du centre du phénomène météorologique.
Ces territoires ont déjà été durement éprouvés en avril par le super typhon Sinlaku, qui a notamment privé des dizaines de milliers de personnes d'électricité. Et en 2023, Guam avait aussi subi les rafales destructrices du typhon Mawar.
Bavi devrait passer au plus près de la petite île de Rota, la partie la plus méridionale des Mariannes du Nord, vers 08H00 lundi (22H00 GMT dimanche), selon le NWS.
Si Bavi passe près de Rota ou directement dessus, la majeure partie de cette île où vivent environ 1.500 habitants "sera inhabitable pendant des semaines, voire plus longtemps", selon la même source. "De nombreuses habitations non construites en béton et non renforcées seront détruites, avec une destruction totale des toits et l'effondrement des murs", a ajouté le NWS.
"Pratiquement tous les arbres seront cassés ou déracinés et les poteaux électriques abattus. Les arbres tombés et les poteaux électriques isoleront les zones résidentielles. Les coupures de courant dureront des semaines, voire des mois", a-t-il ajouté.
En attendant, à Guam, Pinky Cubacub, 55 ans, s'est levée tôt samedi matin pour aller faire la queue dans un magasin, y acheter pour 500 dollars de contreplaqué, et barricader les fenêtres de son restaurant.
"Je ne peux pas me permettre de perdre tant de jours. Ca fait mal", confie-t-elle à l'AFP. "Comme je viens juste d'ouvrir, tout ce qu'on gagne pour l'instant sert uniquement à payer le loyer, les charges, mes employés et mes fournisseurs. Je ne me paie même pas encore moi-même", dit-elle.
- Vols annulés -
Miku Sakurai, 25 ans, une touriste japonaise qui devait rentrer à Tokyo avec ses amis dimanche, a eu son vol annulé en raison de la météo. "Nous resterons à l'hôtel quand la tempête arrivera. Ca me fait peur", décrit à l'AFP la jeune femme, qui est, de son métier, employée de bureau.
Sur une plage de la baie de Talofofo, à Guam, une dizaine de surfeurs profitent malgré la situation des conditions de vent.
"Il y a pas mal de débris dans l'eau, mais c'est super", se vante l'un d'eux.
Des équipes de la protection civile locale, l'agence fédérale de gestion des urgences, étaient à pied d'oeuvre à Guam où un centre de distribution a été approvisionné avec 1,1 million de litres d'eau, 1,2 million de repas, 6.700 lits de camp et 90 générateurs.
Cinq centres d'évacuation ont également ouvert leurs portes dans des écoles, avec une capacité d'accueil de 1.900 personnes, principalement celles vivant dans des habitations vulnérables.
L'Organisation météorologique internationale (OMI) a averti vendredi que le phénomène climatique El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure neuf à douze mois, avait déjà commencé dans le Pacifique tropical.
Ce phénomène réchauffe les températures de l'eau dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, modifiant à l'échelle mondiale les régimes de vents, de pression et de précipitations.
Ng.A.Adebayo--CPN