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Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump se pose en défenseur d'une identité américaine menacée
Les Etats-Unis célèbrent samedi leurs 250 ans, un jalon historique atteint à un moment où le pays est profondément divisé, avec Donald Trump bien décidé à s'attribuer le premier rôle à Washington.
Cet "Independence Day" particulier, 250 ans après la signature de la Déclaration d'indépendance à Philadelphie (est) marquant la rupture de treize colonies avec la Couronne britannique, arrive en pleine vague de chaleur suffocante dans l'est des Etats-Unis.
Cette touffeur attendue est loin de décourager ou changer les plans du président américain, qui a tout fait pour transformer cet anniversaire des Etats-Unis en célébration de sa propre personne.
Donald Trump doit tenir samedi soir (à partir de 01h45 GMT dimanche) un meeting politique aux allures de campagne électorale sur l'immense esplanade verte du National Mall, au coeur de la capitale américaine, avant ce qu'il vante comme le plus grand feu d'artifice au monde - 850.000 fusées pendant 40 minutes !
Il a promis "un discours vraiment long" malgré la chaleur, ainsi que des survols aériens et fanfares militaires pour interpréter musiques patriotiques, classiques américains, ainsi que sa "playlist".
- "Privilège" -
Patrick Thompson, un enseignant d'Alexandria, près de la capitale, a indiqué à l'AFP qu'il célébrerait en famille la fête nationale par le traditionnel barbecue mais ne pas vouloir emmener ses deux enfants adolescents aux cérémonies officielles à Washington.
"C'est super de vivre ce 250e anniversaire", explique-t-il à l'AFP, mais "pourquoi cela doit-il porter l'empreinte de Trump ?".
Loselie Weber, arrivée aux Etats-Unis à l'âge de 7 ans, est en revanche venue spécialement du Texas (sud) pour l'événement. "Je suis très reconnaissante d'avoir eu le privilège de vivre ici et pour les libertés que cela m'a données", dit-elle.
A la veille de la fête nationale vendredi soir, au pied de l'emblématique Mont Rushmore (nord), Donald Trump a affirmé que l'identité américaine subissait une "nouvelle offensive" venant de "radicaux et d'extrémistes".
Dans un discours ultra-patriotique, il a exalté le "miracle" américain et tressé des lauriers à quatre de ses prédécesseurs à la présidence dont les visages de granit s'affichaient au-dessus de lui - George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt.
Avant d'alerter sur "une résurgence de la menace communiste sur notre sol".
Une rhétorique qu'il martèle à l'approche des élections cruciales de mi-mandat en novembre, après une série de victoires de candidats de l'aile gauche du Parti démocrate dans des primaires. Les républicains craignent que l'impopularité du président leur coûte le contrôle du Congrès.
- "Contribution des immigrants" -
Léon XIV, le premier pape américain, qui a souvent critiqué la politique de Donald Trump sur l'immigration, dans un message de "félicitations à tous les Américains", a salué "les espoirs, les sacrifices et la contribution des immigrants qui font partie de l'histoire de ce pays depuis son tout début".
Le roi Charles III a dit samedi "n'avoir aucun doute" sur le fait que le Royaume-Uni et les Etats-Unis continueraient à défendre leurs "valeurs communes", dans un message publié à cette occasion.
Hors de la capitale, New York accueille un défilé de voiliers tandis qu'à Philadelphie, des queues se sont formées très tôt devant la célèbre "Cloche de la liberté" et l'Independence Hall, où fut signée la Déclaration d'indépendance.
Des concerts sont également prévus de Boston à Los Angeles.
Au moment où le pays se remémore deux siècles et demi de triomphes et de tragédies, d'esclavage et de liberté, de guerre civile et de guerres mondiales, un récent sondage de l'université Quinnipiac montre que 61% des Américains estiment que les Etats-Unis ne sont pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d'indépendance de 1776.
Alonzo Coby, architecte membre de la tribu amérindienne des Shoshone-Bannock rencontré par l'AFP à Blackfoot, dans l'Idaho (nord-ouest), se dit "content de célébrer cet événement avec les Etats-Unis". "Mais, reprend-il, je veux que les gens se souviennent que les Amérindiens sont présents ici depuis bien plus longtemps que 250 ans".
H.Cho--CPN