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Feu "fixé" à Marseille, où des habitants sous le choc découvrent le "massacre"
Après avoir parcouru 750 hectares et touché le nord de Marseille, détruisant ou endommageant de nombreuses maisons, le violent incendie parti mardi d'un feu accidentel de véhicule est désormais "fixé", permettant le retour progressif d'habitants sous le choc en découvrant l'étendue des dégâts.
"Le feu est fixé", a déclaré à 16H00 la préfecture des Bouches-du-Rhône, soulignant que cela signifiait qu'il "n'évolue plus" mais non que "les interventions sont terminées".
Il aura donc fallu plus de 24 heures aux plus de 800 pompiers mobilisés au plus fort de l'opération pour stopper la progression des flammes, attisée par la longue canicule des derniers jours et un mistral violent.
"C'est un massacre (...), c'est allé super vite", déplore Thierry Heraud, premier riverain touché par l'incendie, qui a démarré en contrebas de sa villa des Pennes-Mirabeau, commune juste au nord de Marseille.
L'incendie s'y est déclenché mardi en fin de matinée, causé par "un véhicule qui s'est enflammé en roulant" sur l'autoroute A55, a indiqué à l'AFP le procureur de la République d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.
Dans les hauteurs de l'Estaque, quartier du nord de Marseille où le feu a causé les plus gros dommages, des voitures sont calcinées et des maisons entièrement brûlées. Dans un jardin, trois vélos, dont une minuscule bicyclette d'enfant, ont été tordus par la chaleur.
Selon la préfecture, 70 maisons ont été "atteintes" et 10 totalement détruites sur l'ensemble des deux communes.
Joëlle Marrot, 78 ans, habitante du quartier de La Pelouque à l'Estaque, vient tout juste de revenir chez elle et "découvre les dégâts": "Il y a un côté qui a brûlé", mais "je vois la maison qui est là (à côté), elle est toute brûlée, il n'y a plus de toit, c'est horrible", se désole-t-elle.
"Quand on a vu que le feu approchait, on a fait descendre ma belle-mère de 93 ans, chez mon frère, dans le bas de l'Estaque", raconte Dominique Russo, 59 ans, qui venait de finir de rénover la maison familiale.
Résultat: le feu a seulement brûlé un volet et une fenêtre. Mais, à l'intérieur, le salon et les placards sont noirs de suie, le climatiseur fondu et le sol est jonché de verre.
Habitants aux Pennes-Mirabeau, Philippe Landreat, sa compagne et sa belle-fille ont eux dû passer la nuit dans une salle polyvalente après avoir évacué leur maison, finalement épargnée par les flammes. Mais ils ont eu peur. "Après des trucs comme ça, on dort très peu", souffle-t-il.
Malgré la violence et la rapidité des flammes, aucune victime humaine n'a été signalée jusqu'à présent. Une quarantaine de personnes ont été traitées par les secours, la plupart incommodées par les fumées, ainsi que 28 pompiers et 26 policiers, selon la préfecture.
Quelque 400 personnes au total ont été évacuées face à cet incendie, dont les 71 résidents d'un Ehpad aux Pennes-Mirabeau. Parmi elles, 250 personnes ont rejoint les différents centres d'hébergement mis à disposition par la mairie.
Laquelle, de même que le département et la métropole, ont déjà annoncé le versement d'aides aux sinistrés.
- 40 départs de feux mardi -
Ces feux virulents en tout début d'été inquiètent, alors que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en Europe de l'Ouest, selon l'institut européen Copernicus. "Il y a tout lieu de penser qu'on va vers un été à haut risque", a averti mardi soir le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, à Marseille.
Sous l'effet du changement climatique, ces événements météorologiques extrêmes devraient en effet se multiplier, alertent les scientifiques. Mardi, les pompiers des Bouches-du-Rhône sont intervenus à 40 reprises sur des départs de feux, un chiffre "exceptionnel", six fois plus élevé qu'en moyenne.
Interrompu mardi après-midi, avec plus de 110 vols annulés, le trafic à l'aéroport d'Aix-Marseille Provence, le quatrième français en nombre de passagers, a repris.
Le trafic TER vers le nord de la ville reprenait lui "très progressivement" depuis 16H30, selon la SNCF, mais la Côte bleue n'était en revanche toujours pas desservie.
A l'autre bout du littoral méditerranéen, près de Narbonne, dans l'Aude, département touché par trois feux de forêt en une semaine, un incendie ayant parcouru au moins 2.000 hectares de forêt depuis lundi restait toujours actif mercredi mais "avec une intensité moindre" et sans risque pour les zones habitées, a précisé le préfet de l'Aude Christian Pouget.
Dans l'Hérault et le Gard, les incendies de Castelnau-de-Guers et Montdardier ont été déclarés "fixés" mercredi après avoir parcouru respectivement 400 hectares et 430 hectares, selon les pompiers.
C.Smith--CPN