-
Route du Rhum : une course aux sponsors plus disputée que jamais
-
Santé : le changement climatique doit être déclaré "urgence sanitaire mondiale", dit un rapport de référence
-
Mbappé toujours critiqué sur les réseaux sociaux chinois malgré ses excuses
-
En faillite, le BHV Marais demande son placement en redressement judiciaire
-
Budget britannique : un peu d'air promis aux ménages, sous l'œil des marchés
-
SK hynix : nouveau bond des bénéfices au troisième trimestre porté par l'IA
-
Taux directeurs : la Fed tentée par l'abstention avant les élections de mi-mandat aux États-Unis
-
Au début de sa visite dans les Caraïbes, Charles III reconnaît les "souffrances du passé"
-
Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes
-
Wall Street clôture en hausse avant la Fed
-
Wall Street clôture en hausse, prises de bénéfices avant la Fed
-
Plus de 2.500 commerces touchés par les violences dont un millier fortement dégradés, selon CCI France
-
Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique ou le capitalisme industriel tambour battant
-
Les Houthis disent avoir frappé la plus grande raffinerie saoudienne
-
Wall Street ouvre en hausse, attend la Fed
-
Jeu vidéo : les fans se mobilisent pour sauver la saga de science-fiction Mass Effect
-
Vente de SFR: le CSE de l'opérateur débouté d'une action en référé
-
L'UE veut renforcer Frontex et élargir ses pouvoirs d'expulsion de migrants
-
Le patron de Coopérative U évoque un "véritable effondrement de la consommation de carburant"
-
Eurovision : les Pays-Bas se retirent en raison de la question "sensible" d'Israël
-
Appels à réparations pour l'esclavage: Charles III en visite délicate aux Caraïbes
-
Dans une usine centenaire anglaise, Safran prépare l'aile de l'avion de demain
Des donateurs font pression sur les universités américaines pour soutenir Israël
Sommées par des donateurs de soutenir plus clairement Israël, mais pressées aussi de protéger la liberté d'expression, des universités américaines doivent trouver un compromis quasi impossible au milieu des passions déchaînées sur leurs campus par le conflit au Proche-Orient.
Plusieurs grandes fortunes américaines ont annoncé qu'elles songeaient à retirer leur soutien financier à de prestigieuses universités privées, comme Harvard (près de Boston) ou UPenn (Philadelphie).
La fondation Wexner, qui promeut la formation d'élites de la communauté juive aux Etats-Unis, a franchi le pas et mis fin à son partenariat avec la Harvard Kennedy School.
Une réponse à "l'échec lamentable de la direction de Harvard à prendre une position claire et sans équivoque contre les meurtres barbares de civils israéliens innocents", a écrit le milliardaire Les Wexner, fondateur de la chaîne de magasins Bath & Body Works (Victoria's Secret).
Le PDG du fonds d'investissement Apollo Global Management et grand donateur de UPenn, Marc Rowan, a lui demandé la démission de sa présidente, Elizabeth Magill, lui reprochant d'avoir accueilli deux semaines plus tôt un festival de littérature palestinienne où figuraient des "antisémites notoires".
Selon des médias américains, Kenneth Griffin, PDG du fonds d'investissement Citadel et l'un des grands donateurs d'Harvard (350 millions de dollars en 2023), ou Ronald Lauder, l'héritier du groupe de cosmétiques Estée Lauder et bienfaiteur de UPenn, ont aussi fait connaître leur mécontentement.
- Trop tard -
"Les présidents d'université sont critiqués pour ne pas s'être exprimés assez vite, assez fort. On les force à choisir leur camp. Et pourtant, beaucoup disent que la diversité des points de vue sur le campus fait qu'il ne peut pas y avoir de position institutionnelle sur des questions aussi complexes", souligne la présidente de l'Association américaine des universités (AACU), Lynn Pasquerella.
A Harvard, la présidente Claudine Gay a bien condamné les attaques du Hamas, mais trop tard et trop mollement, accusent ses détracteurs.
Des critiques adressées aussi à Stanford (Californie) et Columbia (New York), sommées de prendre leurs distances avec des groupes d'étudiants pro-palestiniens qui accusent Israël, dans leurs tracts ou rassemblements, de commettre "un génocide".
Mais un collectif de professeurs de Harvard a aussi appelé à protéger les étudiants "harcelés" sur internet parce qu'ils sont supposés avoir signé un texte jugé incendiaire contre Israël, une pratique déplorée aussi à Columbia. A Harvard, un véhicule a circulé en diffusant noms et visages de certains étudiants sous le mot "antisémites".
"Ce que nous entendons directement, c'est que sur certains campus, des étudiants se sentent découragés de parler, ou de manifester", souligne Kristen Shahverdian, responsable du secteur Education au sein de l'organisation Pen America, qui défend la liberté d'expression.
"Il y a un sentiment de crainte, palpable, pour certains ", ajoute-t-elle.
- Fractures -
Aux Etats-Unis, la liberté d'expression est chèrement protégée et de nombreux campus se réfèrent au rapport du "comité Kalven" de 1967: à l'époque de la guerre du Vietnam et du mouvement des droits civiques, ce comité avait conclu que les universités devaient plutôt s'attacher à nourrir les diversités d'opinions plutôt que de prendre parti.
Pour Lynn Pasquerella, les pressions des donateurs "nuisent" au contraire aux "objectifs de l'enseignement supérieur qui sont de promouvoir une recherche sans entrave de la vérité et le libre échange d’idées".
"Les donateurs devraient savoir que la liberté d'expression fait partie intégrante de l'éducation supérieure. Cela veut dire de temps en temps des discours avec lesquels ils peuvent être fortement en désaccord", ajoute Kristen Shahverdian.
Les pressions sont aussi le fruit du "désinvestissement public dans l'éducation supérieure", estime la présidente de l'AACU: "les institutions ont une plus grande dépendance à l'égard des donateurs privés" et "des professeurs ou des administrateurs se sentent sous la contrainte de peur de perdre des donations".
Un phénomène qui, selon elle, touche des universités de taille moindre qu'Harvard, dont le "modèle économique", avec un fonds de dotation de 50 milliards de dollars, ne repose pas "sur les donations de quelques individus".
La controverse se déroule sur fond de polarisation de toute la société américaine, symbolisée par la fracture entre démocrates et républicains. D'après l'institut de sondage Gallup, le pourcentage des Américains faisant énormément ou beaucoup confiance à leur enseignement supérieur est passé de 57% en 2015 à 36% en 2023.
M.Davis--CPN