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Meurtre de Lyhanna: la collégienne a été violée, de l'ADN du suspect retrouvé
Lyhanna, la collégienne de 11 ans retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, a été violée et l'ADN du principal suspect, Jérôme Barella retrouvé sur son corps, selon une source proche de l'enquête, des éléments susceptibles d'élargir les poursuites le visant.
Confirmant des informations de BFMTV, cette source souligne par ailleurs que la petite fille, dont le corps avait été retrouvé dans un silo agricole désaffecté situé sur la commune de Puycasquier, a été bâillonnée avec du scotch et qu'elle portait des traces d'ecchymoses, notamment sur la tempe gauche.
Les causes de la mort ne sont toujours pas connues dans cette affaire qui a créé une onde de choc considérable et la connaissance d'éléments définitifs sur cet aspect peut prendre plusieurs semaines, certains processus d'analyse nécessitant des délais que l'on ne peut raccourcir, selon des enquêteurs.
Père de famille de 41 ans, Jérôme Barella, a été mis en examen pour "enlèvement" et "séquestration de mineure de 15 ans", trois jours après la disparition de la collégienne.
Devant la juge d'instruction nommée dans cette affaire, il a gardé le silence, refusant de répondre aux questions et a été placé en détention provisoire à la prison de Mont-de-Marsan, à l'isolement.
- "colère" et "dégoût"
Les informations révélant des atteintes sexuelles visant Lyhanna devraient conduire à un élargissement des poursuites le concernant, par le biais d'une requalification des faits par le parquet.
Contacté par l'AFP, le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet, qui conduit la procédure dans cette affaire, n'était pas joignable vendredi à la mi-journée. Depuis le 5 juin, aucune communication officielle de ce parquet n'est intervenue dans le dossier Lyhanna.
Dans un communiqué diffusé jeudi soir, l'avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée, a pris acte des informations complémentaires issues des analyses scientifiques, et déclaré: "Face au pire pouvant arriver à une enfant et à des parents, leur colère n’a d’égal que leur dégoût".
"La famille demande à ce que son intimité et sa vie privée soient respectées", a-t-il ajouté.
Les révélations sur plusieurs plaintes pour viols sur mineures ainsi que divers signalements visant le principal suspect ont suscité une vive émotion, exprimée lors de nombreux rassemblements, tout en relançant les questionnements sur le système judiciaire ou les services d'enquête dont le traitement des violences sexistes et sexuelles est remis en cause.
- "continent caché" -
Il y avait un "continent caché" de violences sexuelles, y compris sur des enfants, comme dans l'affaire de la jeune Lyhanna, "on a libéré la parole" à ce sujet, a déclaré à cet égard le président de la République, Emmanuel Macron, sur France 2 jeudi soir.
Malgré des soupçons de pédocriminalité, Jérôme Barella n'avait jamais été entendu par les enquêteurs avant la disparition de Lyhanna.
Selon la procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, il avait fait l'objet de plaintes pour viols sur mineures en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite et pourrait être "réexaminée à la lumière des événements récents", selon la magistrate, tandis que la seconde n'avait pas donné lieu aux actes d'enquête attendus.
Déposée en août 2025 en Haute-Garonne et d'abord traitée par le parquet de Toulouse, cette plainte a ensuite été transmise à celui d'Auch, les faits s'étant produits dans le village de Montestruc-sur-Gers, où habitait Jérôme Barella, mais ce dernier n'a jamais été interrogé dans cette affaire.
"Audrey", la mère de cette mineure, a annoncé déposer plainte contre l'Etat et contre le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, face à ce qu'elle considère comme des défaillances.
Après la découverte du corps de Lyhanna, les potentielles défaillances dans le suivi de Jérôme Barella ont donné à cette affaire une dimension politique, le gouvernement cherchant à répondre à l'émotion suscitée.
Lundi soir, pour la deuxième semaine consécutive, des milliers de personnes se sont rassemblées devant les palais de justice de France, souvent en réclamant une "loi intégrale" contre les violences sexuelles.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé plusieurs mesures, comme un renforcement des peines pour les violeurs en série sur mineurs, l'imposition d'un "délai maximal de trois mois" pour les actes d'enquête concernant les crimes sur enfants, ou la motivation obligatoire du classement sans suite de plaintes pour crimes sexuels sur mineurs.
Par ailleurs, des rapports des inspections générales de la gendarmerie et de la Justice doivent être remis au gouvernement le 22 juin.
P.Schmidt--CPN