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Trump rencontre le président syrien avant de partir au Qatar
Donald Trump doit rencontrer mercredi à Ryad le président syrien, avant de partir pour le Qatar, où il pourrait être rattrapé par un scandale politique lié à un luxueux avion offert par la famille régnante.
La première journée de la tournée du président américain dans le Golfe - après l'Arabie saoudite et le Qatar il se rendra aux Emirats arabes unis - avait été très économique, marquée par des annonces de faramineux investissements saoudiens.
Mercredi, la tonalité sera davantage diplomatique, autour surtout de cette rencontre très attendue avec Ahmad al-Chareh.
La Maison Blanche évoque un rapide geste de courtoisie: Donald Trump a "accepté de saluer" le président syrien par intérim, selon elle.
Mais les deux hommes pourraient avoir bien des choses à se dire, surtout après que le président américain a annoncé mardi qu'il allait "ordonner l'arrêt des sanctions contre la Syrie" en place depuis l'époque de Bachar al-Assad. Un "tournant décisif", a voulu croire le ministre syrien des Affaires étrangères.
- "Bonne chance" -
"Bonne chance à la Syrie", a déclaré Donald Trump en annonçant cette décision spectaculaire, réclamée par l'Arabie saoudite, et en estimant qu'il était temps pour ce pays de "briller".
La brève rencontre aura lieu malgré les réticences d'Israël, allié des Etats-Unis, quant à l'évolution de la situation en Syrie où l'armée israélienne mène des frappes, aussi bien avant qu'après la chute d'Assad en décembre.
Le nouveau pouvoir islamiste syrien cherche à reconstruire le pays ravagé par près de 14 années de guerre civile.
Le président américain, qui a livré mardi une louange appuyée des régimes de la région, en fustigeant les stratégies diplomatiques occidentales basées sur la promotion de la démocratie, aura aussi l'occasion de s'entretenir en Arabie saoudite avec des dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe.
C'est-à-dire l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman, autant d'Etats en pleine transformation économique et dont le poids diplomatique déborde largement désormais la seule région du Golfe.
- Iran et Gaza -
La Syrie, donc, mais aussi les discussions avec l'Iran pourraient être abordées par le président américain et ses interlocuteurs, tout comme la guerre dans la bande de Gaza ou contre les Houthis du Yémen.
Reste que Donald Trump, qui mène une diplomatie résolument transactionnelle, vient d'abord dans la région pour signer de gros accords économiques.
En Arabie saoudite, la Maison Blanche a clamé avoir glané pour 600 milliards de dollars d'investissements, avec d'énormes contrats d'armement ou des projets dans l'intelligence artificielle et l'énergie.
Ryad a déployé tous ses fastes pour Donald Trump, et Doha, où il se rendra plus tard mercredi, devrait faire de même.
Mais les échanges de l'ancien promoteur immobilier avec les dirigeants qataris auront pour arrière-plan un scandale politique qui couve à Washington.
- Boeing -
L'opposition démocrate aux Etats-Unis, qui lui reproche d'avoir accepté "le plus gros pot-de-vin étranger de l'histoire récente", entend retarder certaines nominations présidentielles au Sénat.
En cause: un Boeing 747-8 offert à Donald Trump par la famille royale qatarie pour remplacer au moins provisoirement son , et pour l'utiliser après son mandat
Le président a répliqué que l'avion était un "cadeau temporaire".
Au-delà des soupçons de corruption que suscite ce cadeau de très grande valeur, l'offre qatarie a suscité des interrogations sur la sécurité de l'appareil qui transportera le président de la première puissance mondiale.
L.K.Baumgartner--CPN