-
En Grèce, un musée d'histoire contemporaine se fait toujours attendre
-
Attal veut une économie "libérale" mais "planifiée" pour financer un "capitalisme de l'innovation"
-
Commerces vandalisés et pillés: un fonds d'urgence de 13 millions d'euros de la région et de Paris
-
"Pas d'air pur sous un gouvernement corrompu" : manifestations en Indonésie
-
"Un sentiment de désespoir": de jeunes Canadiens témoignent dans un procès climatique inédit
-
Après le froid du Brexit, le réchauffement franco-britannique dans l’aéronautique et la défense
-
Avec le retour de millions d'Afghans, rude lutte pour un emploi ou un logement
-
Eiji Aonuma insuffle "le plaisir de l'exploration" de la saga Zelda depuis 25 ans
-
La Chine affirme prendre "au sérieux" les excuses de Mbappé
-
Route du Rhum : une course aux sponsors plus disputée que jamais
-
Santé : le changement climatique doit être déclaré "urgence sanitaire mondiale", dit un rapport de référence
-
Mbappé toujours critiqué sur les réseaux sociaux chinois malgré ses excuses
-
En faillite, le BHV Marais demande son placement en redressement judiciaire
-
Budget britannique : un peu d'air promis aux ménages, sous l'œil des marchés
-
SK hynix : nouveau bond des bénéfices au troisième trimestre porté par l'IA
-
Taux directeurs : la Fed tentée par l'abstention avant les élections de mi-mandat aux États-Unis
-
Au début de sa visite dans les Caraïbes, Charles III reconnaît les "souffrances du passé"
-
Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes
-
Wall Street clôture en hausse avant la Fed
-
Wall Street clôture en hausse, prises de bénéfices avant la Fed
-
Plus de 2.500 commerces touchés par les violences dont un millier fortement dégradés, selon CCI France
-
Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique ou le capitalisme industriel tambour battant
-
Les Houthis disent avoir frappé la plus grande raffinerie saoudienne
-
Wall Street ouvre en hausse, attend la Fed
-
Jeu vidéo : les fans se mobilisent pour sauver la saga de science-fiction Mass Effect
-
Vente de SFR: le CSE de l'opérateur débouté d'une action en référé
-
L'UE veut renforcer Frontex et élargir ses pouvoirs d'expulsion de migrants
Mangues, avocats et litchis dans les vergers grecs, fruits du changement climatique
Panos Adamopoulos, agriculteur du sud-ouest de la Grèce, remue les feuilles d'un arbuste. "Juste ici!", dit-il en désignant de petites mangues bientôt mûres, fruits exotiques incongrus sur ces terres tapissées d'oliviers.
Ces douceurs, originaires d'Asie, sont les premiers résultats d'une expérience scientifique menée dans la péninsule du Péloponnèse, aride dans certaines parties.
Avocats, litchis, chérimoles et noix de macadamia ont aussi été plantés, avec l'ambition de développer des cultures plus résistantes au changement climatique qui affecte tout particulièrement la Grèce et le pourtour méditerranéen.
Les températures sont assommantes l'été et plutôt douces le reste de l'année. "Il n'y a plus d'hiver", résume Panos Adamopoulos, 38 ans, installé à Kyparissia.
Sa propriété, où les arbres paraissent se jeter dans la mer Ionienne, n'a pas reçu une goutte de pluie depuis mars.
Or, "sans eau, pas de cultures", rappelle le producteur à la barbe poivre et sel.
La majorité de ses revenus proviennent de la salade iceberg, particulièrement gourmande en la matière.
Il pense devoir bientôt renoncer à certaines productions comme ses précieuses pastèques, dont la chair juteuse nécessite un arrosage intense.
D'où son intérêt pour les fruits exotiques, "plus résistants" à ces conditions météorologiques, souligne-t-il à l'AFP.
Ses quelques dizaines de manguiers et d'avocatiers, encore discrets comparé aux 80 hectares du domaine, se portent comme un charme.
Panos Adamopoulos a prévu d'en planter 300 supplémentaires et se targue d'avoir déjà reçu des commandes pour ses premières récoltes, attendues durant le mois.
- "Sauver" l'agriculture -
Teresa Tzatzani, chercheuse de l'organisation d'agriculture hellénique Demeter qui mène cette étude, explique qu' il s'agit de "trouver des façons de faire face au changement climatique et de l'utiliser à notre avantage".
"Toute l'année est plus chaude maintenant, ce qui est bon pour ces plantes", note l'experte.
Les manguiers, en particulier, n'ont besoin que de peu de précipitations. Or les deux derniers hivers ont été inhabituellement secs, selon Teresa Tzatzani.
Si l'avocatier poussait déjà en Crète, grande île située plus au sud, les scientifiques n'étaient pas certains qu'il s'adapterait aux conditions de la Grèce continentale.
Certains producteurs pouvaient en cultiver en petite quantité dans le Péloponnèse, mais le programme doit déterminer si ces cultures sont désormais viables à grande échelle, explique Antonis Paraskevopoulos, directeur de l'économie agricole pour la région de Triphylie.
Ce type d'innovations est essentiel pour "sauver" le secteur des "désastres" climatiques à venir, s'inquiète-t-il, appelant à des investissements européens.
- "Complément" -
Les fruits tropicaux ne sont cependant pas une solution miracle.
Le programme ne compte pour l'heure qu'une dizaine d'agriculteurs et environ 10 hectares cultivés.
Il ne vise pas à remplacer les productions phares, comme les olives ou les oranges, mais peut constituer un "complément", prévient Teresa Tzatzani, qui compte étendre l'expérience à de nouvelles régions grecques.
Des pays voisins connaissent la même problématique. En Italie, des agriculteurs siciliens se sont par exemple mis à produire des mangues, bananes ou papayes.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime que le bassin méditerranéen, un des "points chauds" du changement climatique, subira des vagues de chaleur et des sécheresses plus fréquentes.
La Grèce a connu son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré selon des données météo préliminaires de l'observatoire national, après déjà un record en juin.
- Rentabilité -
Theodoros Dimitrakakis, un autre fermier grec participant à l'expérience, rappelle qu'il faudra "des années" pour que la production de fruits tropicaux soit rentable.
L'agriculteur de 44 ans, pourtant enthousiasmé par l'expérience, dit ne pas avoir les moyens de s'y consacrer pleinement tant son gagne-pain, l'olivier, nécessite toute son attention.
A cause de la sécheresse et de la chaleur précoce, sa production a baissé de 60% l'an dernier par rapport à sa moyenne, dit-il.
Son village, comme de nombreux en Grèce, est aussi très souvent privé d'eau plusieurs heures dans la journée, à cause des pénuries.
Theodoros Dimitrakakis, militant écologiste pendant ses années d'université, avoue n'avoir pourtant compris que tout récemment que le réchauffement climatique l'affecterait "dès maintenant".
Il espère parvenir à en convaincre les autres agriculteurs locaux qui, pour certains, préfèrent penser qu'il ne s'agit que d'une "mauvaise année".
Y.Uduike--CPN