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TotalEnergies finit le trimestre en recul, pénalisé par le gaz et le raffinage
La quatrième major pétrogazière TotalEnergies a terminé le second trimestre sur un recul de 7% de son bénéfice, à 3,8 milliards d'euros, en deçà des prévisions des analystes, subissant une forte baisse des marges de raffinage et un repli des ventes et du prix du gaz.
Sur l'ensemble du premier semestre, TotalEnergies a dégagé un bénéfice net de 9,5 milliards de dollars, en léger recul de 1% sur un an, après un premier trimestre à 5,7 milliards, selon le communiqué publié jeudi du groupe qui avait engrangé des profits records en 2022 et 2023.
Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net trimestriel de 4,9 milliards de dollars, selon le consensus calculé par FactSet et Bloomberg.
Entre avril à juin, sur un an, la performance opérationnelle du groupe (résultat opérationnel net ajusté) a reculé de 13% dans son activité prioritaire du gaz liquéfié (GNL), "dans un contexte de moindre demande" en Europe et de repli des prix.
Le groupe est encore plus pénalisé dans son segment raffinage-chimie (-36%), qui a lui souffert de la "baisse des marges de raffinage" principalement en Europe et au Moyen-Orient, a expliqué le groupe.
En revanche, le groupe progresse dans sa division reine de l'exploration-production (+14%) grâce à des prix du pétrole soutenus et sur sa branche électricité qui couvre les énergies renouvelables (+12%).
Au final, le bénéfice semestriel net ajusté (hors éléments exceptionnels) - l'indicateur le plus suivi par les analystes - a reculé de 15% à 9,8 milliards de dollars.
Quant à l'Ebitda (indicateur qui mesure la rentabilité), il affiche une baisse de 11% sur un an, à 22,6 milliards de dollars.
"Les résultats de TotalEnergies n'ont pas été à la hauteur des attentes du consensus, la faiblesse du raffinage et des produits chimiques ainsi que l'augmentation des coûts de l'entreprise étant à l'origine de cet écart", a commenté la banque RBC dans une note.
Malgré des signes de faiblesse, le groupe se veut confiant. "TotalEnergies a généré au deuxième trimestre des résultats financiers robustes", a estimé dans un communiqué le PDG du groupe Patrick Pouyanné.
Ce dernier a été reconduit en mai pour un 4e mandat afin de mettre en place "la stratégie de transition équilibrée présentée aux actionnaires en septembre 2023" - le pétrole-gaz d'une part, et les énergies décarbonées d'autre part.
- 5 milliards pour l'électricité en 2024 -
Sur le semestre, le groupe, très critiqué pour la poursuite de ses activités dans les énergies fossiles qui réchauffent l'atmosphère, a lancé plusieurs projets "qui confortent l'objectif de croissance de 2-3%/an de la production" de pétrole et de gaz, en Angola, au Brésil, en Oman et au Nigeria.
En parallèle, le groupe se diversifie et a fait des acquisitions pour se renforcer dans l'électricité, comme des centrales à gaz au Texas et au Royaume-Uni, des concessions d'éoliennes en mer et des sites de stockage par batteries en Allemagne.
TotalEnergies a confirmé un niveau d'investissements nets de 17 à 18 milliards de dollars en 2024, dont 5 dédiés à l'électricité.
"Conforté par ces résultats solides en ligne avec les objectifs de l'année 2024", le conseil d'administration a décidé "le maintien du deuxième acompte sur dividende au titre de l'exercice 2024 d'un montant de 0,79 euro par action", (+7 % par rapport à 2023), "et a autorisé des rachats d'actions jusqu'à 2 milliards de dollars au troisième trimestre 2024", a indiqué le groupe.
Le géant pétrolier avait empoché en 2023 un bénéfice record de 21,4 milliards de dollars et de 20,5 milliards de dollars en 2022, année dopée par la flambée record des hydrocarbures.
Les cours du pétrole, qui ont reflué depuis les sommets de 2022 au début de l'invasion russe de l'Ukraine, ont rebondi après l'attaque du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre et se maintiennent actuellement à une tendance soutenue au-dessus de 80 dollars le baril.
Les prix du gaz, en revanche, ont plongé depuis leurs records du début du conflit en Ukraine, s'établissant actuellement autour de 30 euros le mégawattheure selon l'indicateur de référence néerlandais TTF, en baisse de 40% sur un an.
M.Anderson--CPN