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Trump quitte la Chine en revendiquant des accords commerciaux "fantastiques"
Trump quitte la Chine en revendiquant des accords commerciaux "fantastiques" / Photo: Kenny HOLSTON - POOL/AFP

Trump quitte la Chine en revendiquant des accords commerciaux "fantastiques"

Donald Trump s'est envolé vendredi de Pékin après avoir, selon ses dires, décroché des accords commerciaux "fantastiques" et une offre d'aide chinoise pour débloquer le détroit d'Ormuz lors d'un sommet destiné à contenir les tensions bilatérales et internationales.

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Air Force One s'est envolé de l'aéroport international Pékin Capitale vers 14H40 locales (6H40 GMT) après une brève cérémonie d'au-revoir, ont constaté les journalistes de l'AFP.

"Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays", a dit auparavant M. Trump sans plus de précision à l'occasion d'une nouvelle rencontre avec son homologue Xi Jinping à Zhongnanhai, complexe abritant les hauts dirigeants chinois près de la Cité interdite.

A son côté, M. Xi a salué l'établissement entre les deux puissances rivales d'une nouvelle relation de "stabilité stratégique constructive", rendue publique par les Chinois la veille au premier jour du sommet.

"C'est une visite historique, qui fera date", a dit M. Xi.

Au terme de deux jours de visite d'Etat placés, malgré le faste et les amabilités, sous le signe des tensions globales et bilatérales, M. Trump est reparti avec des paroles selon lui encourageantes de M. Xi sur la crise dans laquelle il est empêtré au Moyen-Orient.

M. Xi lui a déclaré "avec force" qu'il ne fournirait pas de matériel militaire à l'Iran, a-t-il indiqué dans un entretien accordé à la chaîne Fox News. Quant au détroit d'Ormuz, "il a dit: +Si je peux être d'une quelconque aide, je serai ravi d'aider+", a assuré M. Trump.

Pékin a réclamé vendredi un cessez-le-feu complet au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz "dès que possible", dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères en marge du sommet. Le ministère a répété que le conflit "n'aurait jamais dû se produire" et que la Chine continuerait à jouer un "rôle constructif" dans les efforts de paix.

Le communiqué ne signale pas un changement de position chinois.

M. Trump a aussi rapporté la promesse d'achat, faite par son hôte selon lui, de 200 "gros" Boeing. C'est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d'une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois.

Il a assuré que la Chine voulait acheter du pétrole et des produits agricoles américains, sans donner de chiffres.

La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l'Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l'effet des blocus iranien et américain, du détroit d'Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d'hydrocarbures, d'Iran mais aussi d'autres pays du Golfe.

L'Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois.

Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s'employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue.

- "Nation en déclin" -

La situation au Moyen-Orient est l'un des sujets de crispation que le sommet était destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d'accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle (IA) et propriété intellectuelle...

Les désaccords se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de "conflit" entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan.

Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite.

M. Trump n'a pas évoqué Taïwan sur Fox News, ni en public au côté de M. Xi.

La politique des États-Unis sur Taïwan "reste inchangée à ce jour", a dit le secrétaire d'Etat Marco Rubio à NBC News. Les Etats-Unis répondent systématiquement à la Chine que "tout ce qui imposerait ou forcerait un changement par rapport à la situation actuelle serait problématique", a-t-il dit.

La compétition sino-américaine - stratégique, commerciale, technologique - est extensive.

Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples.

MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre. Mais ce cessez-le-feu commercial reste exposé à l'instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par M. Trump.

Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l'Iran.

Pékin a réaffirmé lors du sommet son vœu de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. M. Xi et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une "relation de stabilité stratégique constructive", selon la diplomatie chinoise.

"Nous devons être des partenaires, pas des rivaux", a dit M. Xi à M. Trump jeudi.

Le président chinois a promis d'ouvrir "toujours plus grand" la Chine aux entreprises étrangères.

Les obstacles à l'accès au marché chinois sont l'un des grands griefs des Etats-Unis, comme d'autres pays développés, à l'encontre de Pékin.

M. Trump avait emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison Blanche espérait repartir avec un certain nombre d'accords, par exemple dans le domaine de l'agriculture, ou de promesses d'investissements chinois aux Etats-Unis.

Y.Ponomarenko--CPN