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1er-Mai: des boulangeries ouvertes, les hausses de salaires au coeur des manifestations
Syndicats et manifestants défilaient vendredi pour des hausses de salaires sur fond de guerre au Moyen-Orient et contre la remise en cause du caractère férié et chômé du 1er-Mai, en ce jour où de nombreux boulangers et fleuristes ont fait travailler leurs salariés, avec le soutien de l'exécutif.
"Ce n'est pas le vol du 1er-Mai qu'il faut mettre à l'ordre du jour du Parlement. C'est un grand plan pour l'augmentation des salaires", a expliqué la leader de la CGT Sophie Binet, à côté de Marylise Léon, son homologue pour la CFDT, en tête du cortège de la manifestation parisienne.
Dans une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu, Sophie Binet demande une hausse du Smic de 5% et une indexation des salaires sur les prix.
Marylise Léon réclame, elle, une augmentation du Smic en raison de l'inflation mais aussi "des négociations dans les différentes branches professionnelles".
Pour montrer leur soutien aux boulangers qui veulent faire travailler leur salariés - une nouvelle tolérance en ce 1er-Mai - le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu en Haute-Loire où il a acheté du pain dans une boulangerie et Gabriel Attal est brièvement passé derrière le comptoir d'une autre à Vanves, près de Paris.
"C’est une provocation passible de deux amendes, estime l'inspectrice du travail et responsable CGT Céline Clamme. "L’une pour travail le 1er-Mai, l’autre pour travail dissimulé puisque le bénévolat n’est pas autorisé dans une entreprise à but non lucratif".
"On a raisonné comme un 1er-Mai classique, il n’y a pas de flou, le droit n’a pas changé", a affirmé cette fonctionnaire mentionnant des contrôles en Isère, dans le Maine-et-Loire, en Ile-de-France et à Marseille, notamment.
"Les responsables politiques qui vont dans une boulangerie, je pense que ça fait partie d'une politique spectacle dont on n'a pas besoin aujourd'hui. On a besoin de donner à voir ce qu'est la réalité d'un salarié en boulangerie", a commenté Marylise Léon.
Devant le rejet unanime des syndicats, le gouvernement avait écarté une proposition de loi de Gabriel Attal visant à élargir le travail salarié le 1er-Mai, en la resserrant sur les artisans boulangers et les fleuristes.
L'exécutif a précisé vendredi qu'il était "légitime qu'il y ait des contrôles pour vérifier que les salariés sont volontaires et payés doubles". En cas d'amende, "si les conditions sont respectées, il y aura une solution dans la loi" assure le gouvernement.
Mercredi, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait appelé à "l'intelligence collective", assurant n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail.
- "On n'a pas hésité" -
Trois cent vingt manifestations étaient prévues en France, avec un peu plus de 100.000 personnes attendues, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, alors que le 1er-Mai tombe un vendredi et pendant les vacances pour certaines zones.
A Toulouse, entre 5.500 personnes, selon la préfecture et 12.000 d'après la CGT, ont manifesté dans la matinée "pour nos salaires, pour nos retraites, contre l’extrême droite et pour la paix", selon la banderole de tête, qui affirmait aussi: "Journée de lutte depuis 1889, férié depuis 1947, le 1er-Mai, vous n’y toucherez pas".
A Lyon, la préfecture a décompté 6.500 manifestants, à Marseille, 3.400 (contre 3.600 l'an dernier). A Nantes, où 4.000 personnes, selon la police, ont défilé, un policier a été blessé au visage lors d'incidents.
"Si on veut vraiment peser l'année prochaine pour la présidentielle, il nous faut un énorme rapport de force dans la rue", affirme à Marseille Anouar Bendahmane, 18 ans, étudiant en sciences politiques.
Odette Monneron manifeste à Paris du haut de ses 85 ans. "Il faut respecter le travail. On vit dans un monde où on veut que l'argent domine et pour avoir de l'argent, on est prêt à faire n'importe quoi", a déploré cette enseignante à la retraite, dont le mari était mineur.
Vendredi, un certain flou régnait dans les rues où quelques supérettes de chaînes à Paris et dans l'agglomération bordelaise étaient ouvertes malgré l'interdiction, a constaté l'AFP.
A Lille, la boulangère Marianne Chevalier a fait travailler ses salariés, estimant que "ça ne dérange personne": "tout le monde est content de travailler, 10 heures ou cinq heures, sachant qu'on est payé double."
"On n'a pas hésité une seule seconde à ouvrir. Il n'y a aucune logique à ce que des fast-food puissent ouvrir et les boulangeries non", a témoigné Morgane, responsable d'une boulangerie à Mérignac, près de Bordeaux, qui n'a pas voulu donner son nom complet, ni celui de son établissement.
Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française, avait assuré que "70% des boulangeries" seraient ouvertes.
bj-boc-max-mer-avr-alc/rap/rl
H.Cho--CPN