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Moyen-Orient: la chute du pétrole saluée par les Bourses mondiales
Après plusieurs jours de flambée, les prix du pétrole ont finalement chuté mardi suite aux déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran est "quasiment" terminée, un repli salué par les Bourses mondiales.
Le président américain a aussi affirmé que les Etats-Unis allaient "lever certaines sanctions liées au pétrole pour réduire les prix (...) jusqu'à ce que ça s'arrange", après avoir échangé au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Ces propos ont enclenché un mouvement baissier des cours de l'or noir, quelques heures seulement après qu'ils avaient frôlé les 120 dollars face aux craintes de perturbation de l'approvisionnement.
En parallèle, l'annonce de la convocation par l'AIE d'une "réunion extraordinaire", tenue mardi à Paris, afin d'évaluer s'il était nécessaire de puiser dans des stocks stratégiques d'hydrocarbures a également rassuré les investisseurs.
Le rendez-vous s'est achevé mardi sans annonce immédiate.
Côté gaz, le TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, cédait 16,05%, à 47,39 euros le mégawattheure, loin de son pic à 69,50 euros touché lundi, un plus haut depuis janvier 2023.
- Bourses rassurées, mais prudentes -
"Le pétrole est un peu le moteur de l'économie mondiale", remarque auprès de l'AFP Jack Ablin, de Cresset. "Tout ce qui pourrait potentiellement perturber ce moteur préoccupe les investisseurs du monde entier."
L'intervention de Donald Trump a donc "a apaisé les craintes d'un conflit à long terme susceptible de déclencher un choc +stagflationniste+", une situation économique très inconfortable combinant forte inflation et faible croissance, selon les analystes de la Deutsche Bank.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en nette hausse de 1,79%, Francfort a gagné 2,39%, Londres 1,59% et Milan 2,67%.
Wall Street s'est montrée plus prudente. Le Dow Jones (-0,07%) et l'indice Nasdaq (+0,01%) sont restés proches de l'équilibre. L'indice élargi S&P s'est replié de 0,21%.
"Malgré l'accalmie, la situation reste fragile", prévient Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com. "La prime de risque géopolitique s'est peut-être réduite, mais elle n'a certainement pas disparu".
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé qu'ils "décideront de la fin de la guerre", en réponse aux propos de Donald Trump, et promis mardi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre".
- Cafouillage sur le détroit d'Ormuz -
Les marchés ont été pris de court par la publication mardi soir d'un message du ministre américain de l'Energie, Chris Wright, dans lequel il annonçait que la Marine américaine avait escorté un premier pétrolier pour lui permettre de franchir le détroit d'Ormuz.
Un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié transite par ce passage stratégique, actuellement bloqué en raison de la guerre.
Dans la foulée, les cours du pétrole se sont creusés et la Bourse de New York a avancé.
Quelques minutes plus tard, cette vidéo a été supprimée et la Maison Blanche a infirmé l'information.
Dans une déclaration transmise à l'AFP, le ministère de l'Energie a justifié la suppression du message au motif que la vidéo partagée "avait été incorrectement sous-titrée par (son) personnel".
- Taux d'intérêts en recul -
Le soulagement se fait également sentir sur les taux d'intérêt des dettes souveraines européennes mardi.
"Les événements au Moyen-Orient ont ajouté un épais nuage d'incertitude sur la trajectoire des taux directeurs", rappelle Sanjay Raja, de la Deutsche Bank.
Les taux d'intérêts européens avaient augmenté ces derniers jours, poussés par la crainte d'un retour de fortes pressions inflationnistes sur le continent avec la flambée du prix des hydrocarbures --importés par de nombreux pays d'Europe.
Le taux d'intérêt français à échéance dix ans reculait à 3,47%, contre 3,51% lundi soir. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Le taux d'intérêt italien s'établissait à 3,52% contre 3,61% lundi. Hors zone euro, le taux de l'emprunt britannique à échéance dix ans atteignait 4,55%, contre 4,64% lundi soir. La dette allemande, référence en Europe, est restée stable, à 2,86%.
M.Mendoza--CPN