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Charles III révèle avoir payé plus de 30 millions de livres d'impôts depuis 2022, une première
Le roi Charles III a révélé jeudi avoir payé plus de 30 millions de livres (35 millions d'euros) d'impôts sur ses revenus privés depuis son accession au trône en septembre 2022, un effort de transparence inédit pour un souverain britannique.
Cette annonce s'inscrit "dans le cadre de l'engagement de la Maison royale en faveur de la transparence", selon le palais de Buckingham. Les finances royales font l'objet d'une surveillance croissante depuis les scandales à répétition impliquant l'ex-prince Andrew, frère cadet du roi.
Le prince William, fils aîné de Charles et héritier du trône, a lui payé plus de 20 millions de livres (23 millions d'euros) d'impôts depuis début septembre 2022, lorsqu'il est devenu prince de Galles à la mort de la reine Elizabeth II, selon des chiffres également dévoilés jeudi.
Les monarques britanniques ne sont pas légalement tenus de payer des impôts sur leurs revenus privés, mais ils s'en acquittent depuis 1993. Cette pratique a été introduite pendant le règne d'Elizabeth II sous la pression de l'opinion publique, après de coûteuses réparations au château de Windsor.
La reine n'avait en revanche jamais dévoilé le montant de ses impôts.
- Moderniser la fonction royale
Le palais avait annoncé samedi qu'il s'apprêtait à publier ces chiffres, à la "demande expresse du roi", pour continuer de "moderniser" la fonction royale.
Selon le communiqué de jeudi, "le montant des impôts payables par Sa Majesté depuis son accession au trône dépasse 30 millions de livres sterling", y compris 11,7 millions de livres pour l'année fiscale 2023-2024 (qui commence en avril au Royaume-Uni) et 12,9 millions de livres pour 2024-2025.
Parmi les actifs concernés par ces impôts figure le vaste duché de Lancaster, domaine du roi qui représente sa principale source de revenus privés. Charles III a perçu 26,8 millions de livres (plus de 31 millions d'euros) grâce à ce duché sur l'exercice 2024-2025.
Il génère des revenus grâce à la location de terres agricoles et la gestion de biens immobiliers commerciaux et résidentiels notamment.
Outre ces revenus, le monarque reçoit une allocation annuelle, le "Sovereign Grant", liste civile versée par le gouvernement pour qu'il remplisse ses fonctions officielles.
Cette subvention non-imposable, calculée sur la base d'un pourcentage du "Crown Estate" - société gérant le parc foncier et immobilier de la couronne - s'est élevée à 132,1 millions de livres en 2025-2026.
Elle atteindra 137,9 millions de livres en 2026-2027, pour notamment financer la fin d'une vaste rénovation du palais de Buckingham à Londres.
- Enquête parlementaire -
Le palais a précisé par la même occasion que le roi et la reine ne se réinstalleraient pas à Buckingham à l'issue des travaux, et continueraient de résider non loin de là à Clarence House. Ils entendent faire de Buckingham "le centre cérémonial de la vie royale", avec davantage d'accès pour le public.
Les profits du "Crown Estate", qui inclut des droits sur des fonds marins, ont quant à eux baissé au cours de l'année fiscale 2025-2026, achevée fin mars, passant de 1,4 à 1,2 milliard de livres. Cette baisse s'explique notamment par la réduction de la redevance des éoliennes en mer.
Quant au prince William, 44 ans, il bénéficie d'un dispositif similaire au duché de Lancaster avec son duché de Cornouailles.
Il a payé 8,34 millions de livres pour l'année fiscale 2023-2024 et 7,76 millions de livres pour 2024-2025, selon les chiffres dévoilés jeudi.
C'est la première fois que les impôts acquittés par le prince héritier sont dévoilés. Charles avait l'habitude de rendre ce montant public lorsqu'il était lui-même prince de Galles.
La famille royale cherche à redorer son blason après les révélations en cascade sur Andrew Mountbatten-Windsor, frère cadet du roi, déchu de tous ses titres royaux en raison de ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Début juin, un rapport a révélé que l'ex-prince avait sous-loué pendant des années des cottages de la résidence royale proche de Windsor où il vivait sans payer lui-même de loyer.
La Commission des comptes publics, organe de contrôle du Parlement britannique, a ouvert une enquête sur les dispositions relatives au logement accordées aux membres de la famille royale.
"Les finances royales peuvent parfois paraître complexes", a reconnu James Chalmers, le gestionnaire du "Privy Purse" - les finances privées du souverain -, cité dans le communiqué du palais.
Le système est "structuré par la loi et affiné au fil du temps afin de permettre au monarque de remplir ses fonctions avec indépendance, responsabilité et dans l'intérêt à long terme de la nation", a-t-il ajouté.
S.F.Lacroix--CPN