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A Odessa, la vie au jour le jour des habitants de "Cité Merveilleuse"
Le quartier "Cité merveilleuse", près du centre d'Odessa, offre un condensé des épreuves endurées depuis des mois par la grande ville portuaire du sud de l'Ukraine: frappes russes, coupures totales d'électricité, survie au jour le jour.
Le bruit entêtant et épuisant des générateurs s'élève dans la cour au milieu des trois immenses immeubles gris qui constituent le complexe résidentiel de plus de 1.000 appartements. Le vent s'y engouffre, glacial et humide.
La Tchoudo-Gorod (Cité Merveilleuse, en russe, dans une ville historiquement très russophone) a été inaugurée en 2011. C'est l'un de ces projets immobiliers colossaux ayant fleuri dans l'Ukraine post-soviétique et qui étaient censés illustrer une certaine croissance économique.
Mais la Cité Merveilleuse a depuis été rattrapée par la guerre lancée par la Russie et les multiples souffrances qu'elle entraîne.
Le 9 février, le complexe a été touché par un drone russe qui a causé des incendies, brisé des dizaines de fenêtres, fait deux blessés et tué un homme de 35 ans, selon les autorités et des médias locaux.
Aujourd'hui, la vie à Cité Merveilleuse tourne autour des générateurs électriques.
Il faut les surveiller, les réparer, les remplir de fioul. Outre un énorme générateur livré par la municipalité, plusieurs petits individuels, achetés par ceux qui en ont les moyens, sont branchés au pied des immeubles.
Les habitants ont déjà expérimenté plusieurs coupures d'électricité ces derniers mois, mais ils viennent d'apprendre que la dernière, causée par des frappes sur Odessa le 12 février, va durer: les installations ne pourront pas être réparées avant plusieurs semaines, voire des mois.
L'annonce de la compagnie DTEK, principal opérateur privé en Ukraine, a semé la panique dans le groupe de discussions des résidents.
- "Le pire hiver" -
"Tout, absolument tout dans ces immeubles dépend de l'électricité, y compris les ascenseurs, ce qui pose problème... notamment pour moi", sourit Iouri Stepanets dans sa chaise roulante.
Tétraplégique depuis 10 ans, le trentenaire, très impliqué dans la vie associative, assure notamment la liaison avec la municipalité et veille à la solidarité entre voisins de la Cité Merveilleuse.
Réputé pour son sens de l'humour et sa bonne humeur, le jeune homme dit cependant ne tenir que par "la rage", à l'approche du quatrième anniversaire du début de l'invasion russe massive de février 2022.
L'hiver 2025-2026, glacial et meurtrier, est, de l'aveu de nombreux habitants d'Odessa, "le pire" de ces quatre années de guerre.
Relativement épargnée au début du conflit, la célèbre ville ukrainienne sur la Mer Noire est désormais pilonnée par les forces russes, qui s'acharnent très régulièrement sur son port et, comme dans tout le reste de l'Ukraine, sur les infrastructures civiles essentielles.
Les frappes ont aussi endommagé des monuments historiques. Plusieurs civils y ont laissé la vie au cours des derniers mois, et des dizaines de milliers de personnes à Odessa se retrouvent sans eau ni électricité.
- "A quoi bon?" -
"La guerre a rattrapé Odessa", soupire Natalia Tioupina, 66 ans, qui a fui en 2022 sa ville de Kherson, à 200 km plus à l'est, alors occupée par les Russes.
Kherson a été reprise par les Ukrainiens la même année, mais reste constamment sous le feu des Russes. Natalia et sa mère de 94 ans ne peuvent y retourner.
Devenue concierge d'un des immeubles de Cité Merveilleuse, Natalia était une musicienne professionnelle avant la guerre. "C'est du passé", dit-elle d'une voix étranglée, refoulant des larmes.
En fuyant Kherson, elle a emporté son violon, un alto, mais ne l'a plus jamais sorti de son étui. "A quoi bon?", dit-elle simplement.
Comme tous les autres, elle ne peut rien planifier, rien organiser. Sa vie tourne autour de l'électricité et des moments où les générateurs permettent de "faire une lessive, se laver, recharger les batteries".
Sourire ironique au lèvres, Volodymyr Khokhlov s'approche d'une des machines. "Mon principal boulot désormais, c'est de m'occuper de ça", explique le programmeur IA de 32 ans. "J'ai quatre enfants, ils ont besoin d'avoir chaud, besoin d'être lavés, besoin d'être nourris", poursuit-il.
"On va s'en sortir", répète-t-il, avant d'avouer qu'il "n'a plus d'émotions". Désormais, à Cité Merveilleuse, c'est "un jour après l'autre". Car, comme de nombreux autres résidents, il craint que 2026 ne soit pas la dernière année de la guerre pour l'Ukraine.
P.Gonzales--CPN