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Ubisoft continue les coupes et veut supprimer jusqu'à près de 5% de ses effectifs français
Le paquebot Ubisoft va réduire la voilure en France: le géant des jeux vidéo compte supprimer "jusqu'à 200 postes" au sein de son siège, soit près de 5% de ses effectifs français, dans le cadre d'une vaste réorganisation visant à le relancer.
Après de nombreuses restructurations et fermetures de studios à l'étranger, c'est au tour des salariés français d'être concernés par un projet de rupture conventionnelle collective, qui pourrait concerner jusqu’à 200 postes sur les 1.100 employés que compte le siège d'Ubisoft, basé à Saint-Mandé (Ile-de-France).
Réservé aux salariés volontaires en CDI répondant à des critères définis avec les syndicats, ce dispositif prévoit un départ de l’entreprise assorti d’une indemnité, négociée entre la direction et les élus du personnel, et du maintien des droits au chômage.
C'est la première fois que le créateur de "Assassin's Creed" propose un plan de départs de ce type en France, qui n'a pas à être justifié par un motif économique.
Seuls les salariés du siège (dénommé "Ubisoft International") sous contrat français sont concernés par cette proposition, précise le groupe à l'AFP.
Il souligne qu'"aucune décision ne sera définitive tant qu’un accord collectif n'aura pas été conclu avec les représentants du personnel et validé par les autorités françaises".
Cette annonce survient alors que l'éditeur français a présenté mercredi sa nouvelle organisation interne, répartie en plusieurs "maisons de créations".
A partir d'avril, ces cinq structures réuniront par spécialité environ la moitié des studios d'Ubisoft, tandis que l'autre moitié servira de soutien aux différents projets. Les équipes technologiques, de production et marketing et de distribution seront mutualisées.
Dans ce nouveau modèle, "le siège d'Ubisoft va se recentrer sur un rôle de soutien", a expliqué mercredi à l'AFP Marie-Sophie de Waubert, la directrice des studios de l'éditeur.
- Nouveau plan d'économies -
Ce remaniement s'accompagne d'un nouveau plan de réduction des coûts d'au moins 200 millions d'euros sur deux ans.
Celui-ci s'ajoute aux 300 millions d'euros d'économies déjà réalisées depuis 2023.
Empêtré dans des difficultés financières et plombé par plusieurs lancements de jeux en demi-teinte ces dernières années, Ubisoft a fermé plusieurs de ses studios à l'étranger, notamment à San Francisco (Etats-Unis), Osaka (Japon), Leamington (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax.
Il a également mené des restructurations au sein de studios à Abu Dhabi, en Finlande ou encore en Suède.
Le numéro 1 français qui compte environ 17.000 salariés dans le monde dont près de 4.000 en France, s'est séparé de plus de 3.000 employés ces dernières années.
En France, si les différents studios que compte le groupe à Paris, Bordeaux ou encore Annecy, ont été relativement épargnés jusque-là, le climat social pourrait encore se tendre: la direction a indiqué mercredi qu'elle souhaitait réduire drastiquement le télétravail.
Plusieurs grèves avaient paralysé ces studios en 2024 pour défendre notamment le travail à distance.
Mercredi, Ubisoft a également annoncé l'annulation du développement de six titres, dont le très attendu remake de l'un de ses jeux phares "Prince of Persia: Les sables du temps", au grand dam de nombreux fans qui ont appelé l'éditeur à revenir sur cette décision. Sept autres jeux ont été repoussés dans la foulée.
En conséquence, Ubisoft prévoit désormais une perte opérationnelle d'un milliard d'euros pour l'exercice en cours, qui se clôt fin mars.
Cette réorganisation interne a été froidement accueillie sur les marchés, où Ubisoft a connu jeudi la plus forte baisse de son histoire.
Alors qu'elle tournait autour de 85 euros en janvier 2021, l'action Ubisoft ne vaut plus aujourd'hui qu'environ 4,5 euros, soit une chute de près de 95% en cinq ans.
O.Hansen--CPN