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Le Parti socialiste se place un peu plus au centre du jeu de l'après-Bayrou
Reçu à Matignon jeudi, le PS s'est placé un peu plus au centre des discussions pour l'après-Bayrou, encouragé par les assurances de Laurent Wauquiez de ne pas censurer d'emblée un gouvernement socialiste.
Renouvelant son offre de "discuter" sur la "base de travail" des propositions budgétaires des partis de gauche hors LFI, avec "toutes les forces du front républicain", le PS a poursuivi son offensive pour décrocher Matignon après la chute quasi certaine de François Bayrou lundi lors du vote de confiance.
C'est d'ailleurs rue de Varenne, après avoir rencontré François Bayrou, que le premier secrétaire Olivier Faure a répété que le prochain Premier ministre choisi par Emmanuel Macron devrait gouverner "sur la base que nous avons définie".
Le PS a proposé un effort budgétaire deux fois moindre que les 44 milliards d'euros de François Bayrou. "C'est un projet juste, qui permet de remettre de la couleur dans nos vies", a plaidé M. Faure, l'opposant au plan "dépressif" du Premier ministre.
Le chef de l'État avait enjoint mardi aux chefs de l'actuelle coalition gouvernementale - Renaissance, Modem, Horizons, LR - de "travailler avec les socialistes" dans la perspective de la succession de François Bayrou.
Jeudi, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a assuré que son groupe ne censurerait "ni un gouvernement PS ni un gouvernement RN" pour éviter "une instabilité catastrophique" après l'échec des gouvernements Barnier et Bayrou en moins d'un an.
Mais LR, qui ne participerait pas à un tel gouvernement socialiste, doit encore accorder ses violons en interne.
"Si LR a accepté d'entrer au gouvernement, c'est justement pour empêcher la gauche d'accéder au pouvoir (...) Si un gouvernement socialiste devait mener une politique contraire aux intérêts de la France, le devoir de la droite serait de l'empêcher", a écrit sur X le président des LR et ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau après les propos de M. Wauquiez.
Depuis la dissolution de 2024, l'Assemblée nationale est fracturée en trois pôles, gauche, centre-droit et extrême droite, aucun ne disposant d'une majorité absolue.
"Maintenant, nous savons toutes et tous qu'il n'y a aucune solution majoritaire" à l'Assemblée, et le PS "a le mérite de présenter une offre", a encore insisté Olivier Faure.
- "Travail ingrat" -
Le PS a rappelé son engagement à ne pas recourir à l'article 49.3 de la Constitution, ce qui obligera à trouver des compromis avec a minima le bloc central pour faire passer des textes, et en premier lieu le budget.
Soucieux également qu'une "personnalité de gauche" accède à Matignon, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann a souhaité que ce nouveau Premier ministre "annonce d'emblée une méthode (...), celle du compromis". Mais, a-t-il prévenu, il s'agira surtout de "tenir" sur la base de quelques points d'accord jusqu'en 2027, où les grands enjeux politiques se joueront.
Un "travail très ingrat" que ne pourra occuper qu'une personnalité dépourvue d'"ambitions pour la suite parce que sinon, les forces politiques refuseront de lui faire des cadeaux". Manière de faire comprendre que lui-même n'est pas candidat à ce poste.
Dans l'immédiat, François Bayrou est presque arrivé au terme de ses rencontres avec les partis politiques. Après le PS et les centristes de l'UDI jeudi, il doit encore recevoir le parti radical vendredi. Lundi, la gauche, l'extrême droite, le petit groupe indépendant Liot dans sa grande majorité et quelques députés LR ont promis de ne pas voter la confiance.
S'ouvrira ensuite une période d'incertitudes. Emmanuel Macron n'ayant a priori ni l'intention de dissoudre l'Assemblée - comme le réclame le RN - ni de démissionner - comme le voudrait LFI -, il devra nommer un nouveau Premier ministre. Mais de quel bord et dans quel délai ?
Choisira-t-il un nouveau Premier ministre issu du "socle commun" qui négocierait un accord de non censure avec le PS ou une personnalité de gauche capable de faire des compromis ?
"Le sujet, c'était quand même la personnalité de Bayrou qui a braqué tout le monde", souffle une source ministérielle, laissant entendre que son départ faciliterait les discussions.
M.Mendoza--CPN