Coin Press - Hantavirus: mission scientifique à Ushuaïa sur la piste d'un éventuel rat vecteur

Euronext
AEX 1.13% 1021.54
BEL20 0.43% 5532.41
PX1 0.93% 8082.27
ISEQ 0.43% 12585.15
OSEBX 0.08% 1985.91 kr
PSI20 0.57% 9124.26
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK 0.77% 4133.29
N150 0.58% 4226.84
Hantavirus: mission scientifique à Ushuaïa sur la piste d'un éventuel rat vecteur
Hantavirus: mission scientifique à Ushuaïa sur la piste d'un éventuel rat vecteur / Photo: CRISTIAN URRUTIA - AFP

Hantavirus: mission scientifique à Ushuaïa sur la piste d'un éventuel rat vecteur

A la chasse au rat, ou plutôt au rat vecteur. Une mission scientifique argentine se rend la semaine prochaine à Ushuaïa en Terre de Feu, pour traquer la présence éventuelle de rongeurs porteurs d'hantavirus, qui auraient pu être à l'origine du foyer du navire Hondius, parti de ce port du bout du monde.

Taille du texte:

Une équipe de l'Institut Malbran de Buenos Aires, référence argentine en infectiologie et épidémiologie (un peu l'équivalent du Pasteur français) sera à pied d'oeuvre dans le port de 80.000 habitants, pour tenter d'infirmer, ou de confirmer, le soupçon infectieux qui pèse sur ce haut-lieu touristique.

C'est d'Ushuaïa qu'était parti le 1er avril le navire de croisière Hondius, sur lequel a éclaté en mer un foyer d'infection. Au 13 mai selon l'OMS, 11 cas, dont trois décès, ont été signalés.

Le but de la mission est "de faire le prélèvement d'échantillons (de rongeurs) la semaine prochaine", a indiqué jeudi à la presse le directeur Épidémiologie de la province de la Terre de Feu, Juan Petrina, sans préciser combien de rongeurs devront être capturés.

Après analyses, "on suppose que les résultats devraient être prêts dans les quatre semaines" à venir, a-t-il ajouté, en se montrant prudent sur ce délai.

Ushuaïa, où transite plus de 150.000 touristes par an pour les bateaux de croisière se défend désespérément d'avoir été l'origine de la contagion du passager cas zéro, un Néerlandais qui avait séjourné 48 heures en ville avant d'embarquer.

Pour les autorités locales, l'hantavirus est absent de la province depuis que sa notification est devenue obligatoire, il y a 30 ans. Absent aussi, selon elles, le rat à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus), vecteur de la souche "Andes" du virus, transmissible d'humain à humain, identifiée pour le Hondius.

Localement, on pointe du doigt vers d'autres provinces argentines, bien plus au nord, où le hantavirus est présent. Le couple néerlandais avait voyagé quatre mois entre Argentine, Chili et Uruguay.

"La situation épidémiologique de la zone n'a pas beaucoup changé", a souligné M. Petrina. "On n'a pas eu de cas (nouveau d'hantavirus). Or 45 jours se sont déjà écoulés depuis le départ du navire".

- "Un endroit sûr" -

Les lieux précis où doivent être réalisés les captures de rongeurs "n'ont pas encore été définis", mais sont en discussion entre la province et l'Institut Malbran, a-t-il ajouté.

L'épidémiologiste a été interrogé spécifiquement sur d'éventuelles captures prévues de rongeurs dans une vaste décharge à enfouissement à l'extérieur d'Ushuaïa.

Là, selon une information devenue quasi-virale --mais à ce jour non confirmée officiellement-- le cas zéro néerlandais, grand amateur d'oiseaux, aurait pu s'y rendre lors de son séjour à Ushuaïa pour observer des charognards. Et, éventuellement, se contaminer, en lien avec la présence de rat à longue queue.

"Pas (de prélèvements) dans la décharge elle-même, parce que ça n'a pas de sens, les rongeurs qui s'y trouvent sont des rongeurs urbains, pas susceptibles d'hantavirus", a souligné M. Petrina. Plutôt "dans les zones alentour, mais nous n'avons pas encore les points exacts".

Selon Guillermo DeFerrari, biologiste au Centre austral d'investigations scientifiques d'Ushuaïa, un autre lieu de capture possible, puisque le rat a longue queue vit plutôt dans des écosystèmes boisés, serait le Parc national de la Terre de feu, un parc montagneux à 15 km d'Ushuaïa.

Parmi les inconnues que la mission du Malbran va tenter d'éclairer : est-ce que le rat à longue queue demeure absent de la Terre de feu ? Est-ce qu'une sous-espèce locale (sur laquelle il y a débat scientifique) est présente et surtout serait porteuse du virus ?

Les autorités de la Terre de Feu ont martelé jeudi un "message de calme" sur la situation épidémiologique dans la province, à l'attention du secteur touristique.

"On vit dans un endroit sûr, et il n'est pas seulement sûr d'y faire du tourisme, il est aussi sûr d'y vivre", a appuyé Patricio Cornejo, président de la Chambre de Tourisme, déplorant une "fake news venue de l'étranger" selon laquelle le foyer du Hondius serait né dans la ville.

D.Goldberg--CPN