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Les Etats-Unis ont 250 ans: le rêve américain, abîmé mais toujours vivant
Que reste-t-il du rêve américain ? A l'occasion des 250 ans des Etats-Unis, l'AFP est allée à la rencontre d'habitants aux trajectoires diverses, nés dans le pays ou à l'étranger, pour évoquer ce concept de réussite dans la première puissance mondiale.
Quels que soient ses contours, le rêve américain continue de nourrir l'espoir de millions de personnes d'avoir une vie meilleure et une chance de réussir peu importe les difficultés.
"Je définis le rêve américain par le travail acharné", affirme à l'AFP Reinaldo Gutierrez Iglesias, vendeur de fruits né à Cuba et installé à Miami depuis 15 ans.
"Ce pays offre de formidables opportunités. Il permet d'avancer pas à pas vers la réalisation de ses aspirations", ajoute l'homme de 60 ans.
"Le rêve américain se concrétise petit à petit. Parfois j'ai eu deux ou trois boulots. Je devais subvenir aux besoins de ma famille, mais je continue à le poursuivre", confie-t-il encore.
A Atlanta, Karisa Tavassoli, une enseignante de 31 ans, considère vivre "pleinement le rêve américain", elle qui voit, "en tant qu'Iranienne, à quel point (son) peuple souffre en Iran".
"En tant qu'enfant américaine, on oublie facilement ces sacrifices (...) Je suis en sécurité, je m'exprime librement, je peux porter ce que je veux en tant que femme. Ce sont là des valeurs sacrées auxquelles on doit revenir en tant qu'Américains", affirme-t-elle.
- Entreprendre -
"Le rêve américain en 2026 pour moi, c'est le rêve d'un entrepreneur qui rejoint un pays où c'est plus facile de tenter sa chance", considère le Français Tristan Comte, 28 ans, employé d'une start-up à San Francisco.
"Ce qui fragilise mon rêve américain, c'est que la ville est extrêmement chère et que les visas sont extrêmement précaires. Aujourd'hui je suis là, aujourd'hui j'ai un salaire. Je n'ai aucune garantie que dans neuf mois, 12 mois ce sera encore le cas", nuance-t-il.
Un sondage Gallup a montré en amont des célébrations des 250 ans des Etats-Unis que 69% des Américains pensaient pouvoir accéder au rêve américain, un chiffre considérable mais en baisse de 4% depuis 2024.
Cette étude a également révélé que, pour les personnes interrogées, les éléments clés de cet idéal étaient la liberté individuelle, la sécurité financière, l'accès à la propriété et l'ascension sociale.
Certains, comme l'entrepreneuse Carmen Barreto, trouvent que la poursuite du rêve américain, une notion apparue dans les années 30, devient de plus en plus compliquée.
"Il m'a particulièrement comblée avec trois entreprises florissantes qui m'offrent liberté, revenus et bonheur", assure cette Vénézuélienne qui vit depuis 15 ans en Floride.
"Beaucoup de gens s'accrochent au rêve américain, mais vu à quel point les choses deviennent difficiles, on ne peut pas nager à contre-courant tout le temps - car on s'épuise et cela vous détruit", ajoute-t-elle.
- "Se tuer à la tâche" -
Gerson Anzueto, qui vit aux Etats-Unis depuis 35 ans après avoir quitté le Guatemala, pense "avoir atteint le rêve américain, dans une certaine mesure".
Mais cet agent d'entretien dans un restaurant en Floride garde un petit goût d'inachevé: "J'aurais aimé aller un peu plus loin, avoir la possibilité d'en faire un peu plus, mais la langue et la couleur de peau m'ont limité à bien des égards (...) Tout dépend de l'argent que l'on apporte et de l'accent que l'on a".
Vendeuse de rue à Los Angeles, Rosalba Mondragon, elle, n'y croit plus.
"Le rêve américain existait peut-être avant, mais plus maintenant", confie-t-elle devant son stand sur Hollywood Boulevard. "Tu travailles, tu travailles tellement mais ce n'est plus pareil."
"Dans les années 80 et 90, on n'avait pas besoin de se tuer à la tâche pour gagner sa vie", abonde Jerrial Young, serveur et travailleur indépendant qui vit en colocation en Pennsylvanie. "Maintenant, il faut faire des semaines de 65 à 75 heures pour joindre les deux bouts et payer les factures".
A 44 ans, il a le sentiment d'être exploité par les grandes entreprises mais il refuse de baisser les bras. Pour lui, "le changement va arriver, car il le faut".
burs-bgs/eml/bpe
D.Goldberg--CPN