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Au G7, l'accord avec l'Iran salué, Trump met en garde Téhéran
"Une opportunité historique" : les membresdu G7 ont salué l'accord conclu entre Washington et Téhéran, mais Donald Trump a menacé de recommencer à frapper l'Iran si ses dirigeants "ne se comportent pas bien".
"Ce n'est pas (un accord) final. C'est un protocole d'accord", a prévenu mercredi le président américain en marge d'une rencontre avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. "Et "si je ne l'aime pas, s'ils ne se comportent pas bien, nous recommencerons à balancer des bombes en plein dans leurs têtes", a-t-il ajouté, à l'avant-veille de la signature à Genève du texte.
Pendant les trois jours du Sommet à Evian, les dirigeants de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni se sont focalisés sur cet accord visant à clore la guerre avec l'Iran, qui a provoqué une flambée mondiale des prix du pétrole.
Ils ont en outre affiché un front uni, Etats-Unis inclus, pour faire pression sur la Russie pour qu'elle négocie la paix avec l'Ukraine.
La France, dont le chef de l'Etat Emmanuel Macron assure la présidence du groupe des sept puissances industrielles cette année, a publié dans la nuit un communiqué annonçant que tous les dirigeants s'étaient mis d'accord sur les grandes questions géopolitiques.
Le protocole d'accord conclu par Donald Trump avec Téhéran "offre une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire et de s'attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques", salue le texte.
Une force multinationale initiée par la France et le Royaume-Uni "peut jouer un rôle important pour faciliter la reprise du trafic maritime" dans le détroit d'Ormuz, où la navigation a été fortement restreinte pendant le conflit, ajoute-t-il.
- Armements pour l'Ukraine -
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, s'exprimant à l'ouverture de la troisième et dernière journée du Sommet, a estimé que cet accord pouvait "changer la donne", non seulement pour la région du Moyen-Orient mais encore pour l'Ukraine, éclipsée pendant la guerre avec l'Iran.
"Je fais référence aux discussions que nous avons eues sur l'Ukraine, sur le Liban", a-t-il ajouté, citant un "changement d'orientation, des attentes plus réalistes, quant à l'évolution" de la guerre et "la position à l'égard de la Russie, le renforcement des sanctions contre la Russie, la capacité de fournir un soutien défensif supplémentaire à l'Ukraine".
Habituellement réticent à soutenir Kiev, Donald Trump a estimé mardi que la Russie "devrait conclure un accord", et que Washington pourrait réimposer les sanctions levées.
Les Etats-Unis et les pays européens du G7 vont produire "sous licence" en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense antiaérienne, des armements réclamés avec force par Volodymyr Zelensky, ont annoncé mercredi une source diplomatique et le chancelier allemand Friedrich Merz.
Les entreprises américaines pourront accorder des licences à cette fin à des fabricants européens, a précisé le chancelier devant la presse, se disant très "reconnaissant envers le président Trump pour cette grande volonté de coopérer".
Mercredi, les discussions étaient aussi centrées sur le numérique, certains membres européens du G7 souhaitant davantage de sécurité et de régulation, au risque d'irriter Donald Trump.
Sam Altman, patron du géant de l'intelligence artificielle OpenAI, Dario Amodei, directeur général d'Anthropic, Demis Hassabis, fondateur du laboratoire d'IA de Google DeepMind, et Arthur Mensch, de leur rival européen Mistral AI, ont pris part à un déjeuner à Evian.
- Sécuriser le numérique -
Les Etats-Unis sont à l'unisson avec l'Allemagne, le Canada, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni sur le principe de protéger les mineurs et d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Une déclaration devrait être publiée en ce sens mercredi.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé lundi une telle mesure pour les moins de 16 ans. La France, pionnière en la matière, est en train d'adopter une loi similaire.
Les pays du G7 divergent en revanche sur la taxation et la régulation du numérique.
L'ombre d'Anthropic planait en outre sur les discussions à Evian, station thermale des Alpes.
L'administration Trump a ordonné la semaine dernière à la start-up américaine d'intelligence artificielle de suspendre à "tout ressortissant étranger" l'accès à ses deux modèles les plus puissants, Claude Fable 5 et Mythos 5, invoquant la "sécurité nationale".
Cette injonction a provoqué en France une onde de choc et une réponse immédiate du gouvernement français qui a annoncé que le renseignement intérieur (DGSI) allait rompre avec Palantir, géant technologique américain spécialisé dans la sécurité dont le cofondateur Peter Thiel est proche de Donald Trump, au profit d'une solution française.
Visiblement satisfait du déroulé de ce sommet G7, Donald Trump prolongera son séjour en France avec un dîner au château de Versailles mercredi soir.
Dt-vl-fff-aue/dab/thm
Y.Ponomarenko--CPN