-
Route du Rhum : une course aux sponsors plus disputée que jamais
-
Santé : le changement climatique doit être déclaré "urgence sanitaire mondiale", dit un rapport de référence
-
Mbappé toujours critiqué sur les réseaux sociaux chinois malgré ses excuses
-
En faillite, le BHV Marais demande son placement en redressement judiciaire
-
Budget britannique : un peu d'air promis aux ménages, sous l'œil des marchés
-
SK hynix : nouveau bond des bénéfices au troisième trimestre porté par l'IA
-
Taux directeurs : la Fed tentée par l'abstention avant les élections de mi-mandat aux États-Unis
-
Au début de sa visite dans les Caraïbes, Charles III reconnaît les "souffrances du passé"
-
Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes
-
Wall Street clôture en hausse avant la Fed
-
Wall Street clôture en hausse, prises de bénéfices avant la Fed
-
Plus de 2.500 commerces touchés par les violences dont un millier fortement dégradés, selon CCI France
-
Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique ou le capitalisme industriel tambour battant
-
Les Houthis disent avoir frappé la plus grande raffinerie saoudienne
-
Wall Street ouvre en hausse, attend la Fed
-
Jeu vidéo : les fans se mobilisent pour sauver la saga de science-fiction Mass Effect
-
Vente de SFR: le CSE de l'opérateur débouté d'une action en référé
-
L'UE veut renforcer Frontex et élargir ses pouvoirs d'expulsion de migrants
-
Le patron de Coopérative U évoque un "véritable effondrement de la consommation de carburant"
-
Eurovision : les Pays-Bas se retirent en raison de la question "sensible" d'Israël
-
Appels à réparations pour l'esclavage: Charles III en visite délicate aux Caraïbes
-
Dans une usine centenaire anglaise, Safran prépare l'aile de l'avion de demain
Au nom de la souveraineté numérique, l'UE veut réserver des contrats aux Européens
Bruxelles a annoncé mercredi vouloir réserver certains contrats numériques aux groupes européens, dans le cadre d'une série de mesures pour défendre la souveraineté européenne en matière technologique, au risque d'une nouvelle crise avec Washington.
"Dans certains cas bien précis, dans des secteurs très critiques, il est très important que ce soient des prestataires européens qui fournissent les services", a expliqué la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen.
Parmi les autres propositions dévoilées mercredi, Bruxelles veut favoriser l'implantation de centres de données au sein de l'UE.
Elle veut aussi soutenir la production européenne de puces électroniques dédiées à l'intelligence artificielle, un domaine dans lequel l'Europe est très en retard, et développer l'usage des logiciels en open source dans l'administration et les services publics.
Concernant les services numériques, les Etats devront exiger des fournisseurs d'IA et de Cloud, pour les contrats publics, des garanties en matière de souveraineté, selon les propositions de Bruxelles.
Echelonnées sur quatre niveaux, elles iront d'une obligation générale de conserver les données en Europe, à des exigences renforcées dans les domaines les plus sensibles, comme la sécurité et la défense.
"Dans la plupart des cas", cela signifie que les contrats resteront ouverts aux prestataires non-européens, a souligné Mme Virkkunen. D'après elle, seule une petite partie des contrats seront réservés à des fournisseurs de l'UE.
"Nous voulons être sûrs que dans les domaines critiques, nous serons toujours en mesure de contrôler les services et de conserver les données en Europe. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où quelqu'un disposerait d'un +kill switch+ (dispositif d'arrêt d'urgence, NDLR) pour débrancher nos services", a notamment fait valoir Mme Virkkunen.
L'Europe part de très loin, et sa capacité à muscler son offre en matière numérique suscite de nombreux doutes, ses précédents efforts, dont une loi adoptée en 2023 pour développer la production de puces électroniques sur le continent, n'ayant pas été couronnés de succès.
Comme le souligne elle-même la Commission, l'UE "reste structurellement dépendante de fournisseurs extra-européens, à plus de 80% pour ses produits, services et infrastructures numériques".
Une dépendance qui, en matière de logiciels et de cloud, profite surtout aux géants américains du secteur, comme Microsoft, Google et Amazon.
Selon une étude réalisée l'an dernier par le cabinet français Asterès, "les entreprises américaines représentent environ 83% du marché du cloud et du logiciel européen".
Cela représente une manne de 264 milliards d'euros par an, une "facture numérique" qui équivaut aux importations européennes d'énergie.
Même problème en matière de composants informatiques et électroniques, pour lesquels l'Europe reste très largement dépendante de l'Asie.
Un bras de fer l'an dernier entre Pékin et le fabricant néerlandais de puces Nexperia, qui fabrique ses puces en Chine, a ainsi menacé de paralyser les chaînes de production des constructeurs automobiles européens.
- Représailles américaines -
Même si elles sont très graduées, les exigences proposées dans les services informatiques pourraient valoir à l'UE, qui est à peine en train de boucler la mise en œuvre tumultueuse de l'accord sur les droits de douane négocié l'an dernier avec les Etats-Unis, des représailles de Donald Trump.
Bruxelles a déjà montré sa détermination ces dernières semaines, en proposant de réserver à des entreprises européennes les deux tiers de certaines fréquences télécoms jusqu'ici allouées à des opérateurs américains.
Elle a aussi confié un important contrat informatique à des fournisseurs européens, aux dépens d'Amazon et de Microsoft.
Malgré le risque d'une nouvelle crise avec Washington, plusieurs Etats membres dont la France poussent en ce sens, ainsi que des élus de tous bords.
"L'Europe ne peut pas se permettre d'utiliser des technologies critiques développées ailleurs", a souligné à l'AFP l'eurodéputé allemand Oliver Schenk (PPE, droite).
"Ce sont les individus qui doivent maîtriser leurs données, leur identité et leurs droits numériques, plutôt que des entreprises, des algorithmes opaques, et des systèmes juridiques étrangers", estime quant à elle l'eurodéputée espagnole Elena Sancho Murillo (S&D, gauche).
Et pour donner l'exemple, le Parlement européen a annoncé mercredi que le moteur de recherche français Qwant serait installé par défaut sur son parc informatique, même si les utilisateurs resteront libres d'utiliser des alternatives.
M.García--CPN