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Fronde contre le projet gouvernemental de consigne des bouteilles en plastique
"Nous ne nous laisserons pas faire": des représentants d'élus locaux, rejoints par des associations environnementales et professionnelle, montent au créneau contre le projet gouvernemental de consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique, qu'ils qualifient de "greenwashing".
Jean-François Vigier, vice-président de l'association des maires de France (AMF), avait averti lundi que les élus locaux étaient prêts au "bras de fer" contre ce projet.
Avec plusieurs représentants de syndicats franciliens de gestion des déchets, ils avaient agité la menace de "suspendre le paiement de la TGAP", la taxe générale sur les activités polluantes, si le gouvernement décidait de persévérer dans son projet de consigne pour recyclage des bouteilles plastique.
Mardi, les élus ont quitté une réunion sur le sujet organisée par le ministère de la Transition écologique. Ils protestent contre "ce qui n'est plus une concertation, mais une injonction", a dit M. Vigier lors d'un point-presse mardi.
"Il va falloir maintenant prendre des mesures qui font comprendre à l'Etat que nous ne nous laisserons pas faire contre cette absurdité", a martelé le maire de Bures-sur-Yvette (Essonne), également président du Syndicat mixte des ordures ménagères (Siom) qui gère les déchets de 21 communes du sud de Paris.
Les élus locaux, qui craignent de voir 400 millions d'euros de recettes liées à la revente des matériaux à recycler transférés aux grands industriels, ont indiqué s'en remettre au Premier ministre Sébastien Lecornu et à sa qualité d'élu local, espérant que cela lui permettra de "prendre la mesure du problème".
Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a déclaré sur X mardi regretter "le choix fait par les associations de représentants d'élus de ne pas accepter la concertation que propose le gouvernement", appelant au "dialogue".
Il a précisé que "le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n'était que de 58,4% en 2024, contre un objectif de 90%", ajoutant que "la mise en œuvre de la consigne pour recyclage sera obligatoire au 1er janvier 2029", si cet objectif n'est pas atteint.
- Pas une consigne pour réemploi -
Les élus locaux contestent le terme de "consigne" car le projet, relancé fin mai par Emmanuel Macron après une première fronde en 2023, ne prévoit pas de réemployer les bouteilles en plastique collectées, mais de les recycler.
Une option moins vertueuse du point de vue environnemental et également contestée par les ONG de défense de l'environnement, comme FNE, Zero Waste France, le Cercle national du recyclage ou encore l'association professionnelle des entreprises du recyclage et du réemploi Federrec, qui ont tenu un point presse commun mardi.
"Ce n'est pas un système de consigne pour réemploi", qui après lavage permettrait de réutiliser des bouteilles déjà produites, "mais un système qui va permettre aux industriels de récupérer ces bouteilles pour produire encore plus de plastique", a estimé lors d'un point-presse Axèle Gibert, coordonnatrice prévention déchets de l'association de défense de l'environnement France Nature Environnement (FNE).
Ce, alors que "l'urgence environnementale, mais aussi l'urgence sanitaire" est "la réduction de la bouteille en plastique", a-t-elle estimé.
"Cette vaste mesure de +greenwashing+ (écoblanchiment, ndlr) n'a d'autre but que de vendre plus de bouteilles plastiques jetables", avait estimé plus tôt auprès de l'AFP Nicolas Garnier, de l'association de collectivités Amorce.
Il estime en outre que le dispositif "coûterait entre 1 et 3 milliards d'euros aux consommateurs".
"Le gouvernement a manifestement déjà décidé de faire cavalier seul", a déploré Bastien Faure, directeur de Zero Waste France, jugeant qu'il s'agit d'un "blanc-seing aux industriels, sans aucun garde-fou fort pour développer le réemploi et engager sérieusement la réduction des plastiques à usage unique."
L'Association nationale des industries alimentaires (Ania), qui compte parmi ses membres les organisations professionnelles des sodas ou de l'eau en bouteille, a pour sa part indiqué à l'AFP poursuivre la concertation avec le gouvernement et être en accord avec le projet de consigne pour recyclage.
A.Levy--CPN