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A Turin, le G7 proche d'un accord sur la fin des centrales à charbon
Les ministres du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement des pays du G7, réunis lundi en Italie, sont proches d'un accord sur la fermeture de leurs centrales à charbon "au cours de la première moitié des années 2030", l'ONU les appelant à "montrer la voie" avec des "actions plus ambitieuses".
L'Italie, qui préside le G7 cette année, accueille jusqu'à mardi à Turin (nord) la première grande réunion politique sur le climat depuis la COP28 en décembre à Dubaï, où le monde s'est engagé à renoncer progressivement au charbon, au gaz et au pétrole.
Le charbon est l'énergie fossile la plus polluante et les militants de l'environnement ont exhorté le G7 — qui comprend l'Italie, le Canada, la France, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis — à montrer l'exemple.
La dernière ébauche du communiqué final du G7 appelle à "éliminer progressivement la production actuelle d'électricité au charbon sans captage de carbone dans nos systèmes énergétiques au cours de la première moitié des années 2030 ou dans un calendrier compatible avec le maintien d'une limite d'augmentation de la température à 1,5°C, conformément aux trajectoires de zéro émission nette", selon une source européenne.
Un calendrier précis serait salué comme un pas important. Certains pays comme la France militent pour que le G7 abandonne le charbon d'ici 2030, mais le Japon en particulier, dont un tiers de l'électricité provient du charbon, est réticent à fixer une date-butoir.
Le chef de l'ONU Climat Simon Stiell a exhorté lundi les pays du G7 à utiliser leur poids politique, leur richesse et leur technologie pour sortir des énergies fossiles.
"J'entends souvent dire dans des forums comme celui-ci que +nous ne pouvons pas aller trop vite, de peur que nous prédéterminions le résultat de négociations" au niveau de l'ONU, a-t-il affirmé.
"C'est une totale absurdité d'affirmer que le G7 ne peut pas - ou ne devrait pas - montrer la voie sur des actions plus ambitieuses en matière de climat", a jugé le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), alors que le G7 est loin de ses objectifs, selon un nouveau rapport publié par un institut sur le climat.
- "Bond en avant" -
Des centaines de militants du climat ont manifesté dimanche à Turin, certains d'entre eux brûlant des photos des dirigeants du G7 accusés de trahir les générations futures sur la crise climatique.
Les défenseurs de l'environnement veulent savoir s'ils ont l'intention de concrétiser leurs engagements, comme l'accord de Dubaï sur le doublement des taux d'efficacité énergétique et le triplement des capacités en énergies renouvelables d'ici 2030.
Le G7 doit aussi aborder des thèmes comme la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement en matériaux clés pour les systèmes d'énergies renouvelables, ainsi que la réutilisation des minerais, afin de moins dépendre de la Chine, qui domine le secteur des technologies vertes.
Selon Rome, les terres rares et les énergies renouvelables seront au cœur de discussions avec des délégations africaines invitées à Turin.
Par ailleurs Ottawa, Paris, Berlin et Londres, qui font pression pour l'adoption d'un traité pour réduire la pollution au plastique, devraient utiliser le G7 pour tenter de rallier Washington et Tokyo, plus réticents.
Selon une source française, le G7 devrait s'engager à réduire la production de plastique, présent partout dans l'environnement, du sommet des montagnes au fond des océans, ainsi que dans le sang des êtres humains.
Face à ce constat, "le G7 s’engage à réduire la production mondiale de polymères primaires afin de mettre fin à la pollution plastique en 2040", selon une ébauche du communiqué final.
Les militants du climat espèrent aussi une aide accrue aux pays en voie de développement pour décarboner leur production industrielle, notamment les secteurs de l'acier et du ciment. M. Stiell a d'ailleurs exhorté les sept ministres présents à faire pression sur leurs homologues des finances pour arriver à un "bond en avant".
Ensemble, les pays du G7 représentent 38% de l'économie mondiale et sont responsables de 21% des émissions de gaz à effet de serre, selon des chiffres pour 2021 de l'Institut d'analyse du Climat.
Aucun de ses pays membres n'est en voie de respecter les objectifs de réduction d'émissions pour 2030, qui ne seront réduites "au mieux que de la moitié de ce qui est nécessaire", selon un rapport de cet institut publié la semaine dernière.
X.Wong--CPN