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Tristesse et consternation en Serbie au lendemain de la tuerie dans une école
La Serbie s'est réveillée jeudi dans la tristesse, au lendemain d'une fusillade sans précédent dans une école de Belgrade lors de laquelle un élève de treize ans a tué huit camarades et un gardien.
Les cours dans toutes les écoles de ce pays des Balkans d'environ 7 millions d'habitants ont commencé par une minute de silence pour rendre hommage aux victimes de la tuerie.
Le président serbe Aleksandar Vucic, qui s'est adressé mercredi soir à la nation, a déploré "l'un des jours les plus difficiles dans l'histoire contemporaine" de la Serbie.
Les célébrations et les événements prévus seront en grande partie annulés. Le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe, Porfirije, a appelé les fidèles à assister en fin de journée à une prière pour les victimes qui aura lieu dans toutes les églises de la capitale.
"J'ai pleuré toute la journée hier. Mon fils allait dans cette école", a dit à l'AFP Mileva Milosevic, une avocate retraitée de 85 ans qui habite près de l'école dans laquelle le carnage a eu lieu.
L'école Vladislav Ribnikar, qui accueille des élèves de 7 à 15 ans, dans le quartier de Vracar, dans le centre de Belgrade, était fermée jeudi. Des policiers étaient toujours présents à l'entrée de l'établissement, a constaté un journaliste de l'AFP.
Mercredi matin, un élève de treize ans, armé d'un pistolet 9 mm et de plusieurs chargeurs, y a ouvert le feu, tuant d'abord le gardien de l'école et trois élèves dans les couloirs, avant de se rendre dans une classe où il a tiré d'abord sur une enseignante, puis sur les élèves.
- "La jeunesse fauchée" -
Il a tué au total sept filles, dont une de nationalité française, et un garçon, tous nés entre 2009 et 2011, ainsi que le gardien. Six enfants et leur professeure d'histoire ont été blessés et hospitalisés.
Deux élèves, un garçon et une fille, grièvement blessés, sont toujours dans "un état critique", ont déclaré jeudi matin les responsables de deux hôpitaux de Belgrade où les blessés ont été admis.
"La jeunesse fauchée en cours d'histoire", lit-on jeudi à la Une du quotidien Vecernje Novosti. "La Serbie sous le choc et en larmes", affirme de son côté le journal Danas.
L'assaillant a été arrêté peu après la tuerie dans la cour de l'école, où il attendait l'arrivée de policiers. Il avait lui-même appelé la police pour annoncer ce qu'il venait de faire, a raconté le chef de la police de Belgrade, Veselin Milic.
"Il a dit qu'il avait tiré sur des personnes à l'école et qu'il est (...) un psychopathe qui doit se calmer", a dit M. Milic à la télévision nationale serbe (RTS).
"Dans sa déclaration (aux policiers) sur les lieux du crime, il a déclaré : +J'attendais ce jour. Ici sont les meilleures circonstances parce que (...) je peux tout finir en une journée+", a aussi raconté le policier, précisant que l'adolescent avait établi "une liste de personnes qui l'irritaient le plus".
- "Cibles prioritaires" -
M. Ilic avait déclaré mercredi en conférence de presse que l'assaillant, qui a été placé dans un hôpital psychiatrique, avait "préparé la fusillade pendant un mois" et qu'il avait fait un plan de l'école, avec les noms des "cibles prioritaires".
Le père du tireur, propriétaire légal de l'arme utilisée, un médecin réputé, a été arrêté mercredi et placé en détention provisoire pendant 48 heures. Sa mère avait été interpellée aussi.
Dans ce pays où quelque 765.000 armes, dont plus de 232.000 pistolets, sont légalement enregistrées, le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi des contrôles aux domiciles pour vérifier si ces armes étaient gardées conformément aux règles.
Après un rassemblement de milliers de personnes mercredi soir, la population continuait jeudi à rendre hommage aux victimes devant l'école, où des habitants déposaient des fleurs, des jouets, des messages, et allument des bougies.
"Où en sommes-nous en tant qu'êtres humains, où est notre empathie ? Comment ça se fait que nous avons échoué de voir le problème, à la fois avec la personne qui a fait cela, et avec toutes les autres personnes qui ont conduit à ce qui s'est passé ?", s'interroge, devant l'école, Ana Djuric, une habitante de Belgrade de 37 ans.
L.Peeters--CPN