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Pakistan: les écoles de Lahore fermées deux jours par semaine à cause de la pollution
Les écoles de la ville pakistanaise de Lahore, classée mercredi la plus polluée au monde, selon un organisme de mesure de la qualité de l'air, vont devoir fermer deux jours par semaine pour protéger la santé des élèves, a ordonné un tribunal.
Chaque hiver, le smog atteint des niveaux préoccupants à Lahore, la deuxième plus grande ville du Pakistan avec plus de 11 millions d'habitants, située dans l'Est du pays près de la frontière avec l'Inde.
Mercredi matin, Lahore a été brièvement classée la ville avec la pollution atmosphérique la plus élevée au monde par le réseau spécialisé IQAir, avec un indice de qualité de l'air (IQA) de 234, qualifié de "très mauvais pour la santé".
Le taux de particules fines PM2,5, les plus dangereuses, y était de 183,5 microgrammes par mètre cube d'air(μg/m3), soit 36 fois le niveau recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Les hôpitaux ont fait état ces dernières semaines d'un afflux de patients souffrant de problèmes respiratoires, ou d'irritation des yeux ou de la gorge.
Un tribunal de Lahore a décidé mardi que les écoles publiques et privées de la ville devaient fermer les vendredi et samedi, en plus du dimanche chômé, jusqu'à nouvel ordre.
Un autre jugement rendu mercredi stipule que tous les employés du service public doivent aussi désormais travailler à la maison les vendredi et samedi.
Le secrétaire général du syndicat des enseignants de la province du Pendjab, dont Lahore est la capitale, a toutefois estimé que la "solution (n'était) pas viable".
"Rester à la maison ne va pas nécessairement plus protéger les élèves de la pollution qu'aller à l'école. Au moins, en allant à l'école, les élèves ne seront pas pénalisés dans leurs études", a déclaré Rana Liaqat Ali mercredi à l'AFP.
"Le smog, le Covid-19 et la dengue font tous maintenant partie de notre quotidien. Nous devons apprendre à vivre avec eux et non pas nous isoler", a-t-il ajouté.
Comme en Inde voisine, la chute des températures accompagnée de vents faibles plaque au sol la pollution, issue de brûlis agricoles et d'émissions industrielles ou automobiles, générant problèmes respiratoires et cardiaques.
D'après IQAir, le Pakistan était en 2021 le troisième pays au monde pour sa pollution atmosphérique. Les autorités pakistanaises ont tardé à réagir, accusant le grand rival indien de provoquer le smog et également contesté les chiffres de la pollution, malgré quelques tentatives de sévir contre les sites industriels les plus polluants.
J.Bondarev--CPN