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Trump menace d'éradiquer "une civilisation entière", l'Iran prêt à "tous les scénarios"
L'Iran s'est dit mardi soir "prêt à tous les scénarios" peu avant l'expiration de l'ultimatum posé par Donald Trump, qui a menacé d'éradiquer "une civilisation entière" si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz.
Signe de la vive inquiétude dans la région, le Koweït a exhorté ses citoyens à rester chez eux à partir de minuit et le principal port de Bahreïn a annoncé suspendre ses opérations à partir de mercredi.
En Iran, plusieurs dizaines de personnes ont formé des chaînes humaines pour protéger des centrales électriques, selon des images des médias d'Etat.
Au 39e jour de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une attaque conjointe israélo-américaine contre l'Iran, des ponts, des voies ferrées et une autoroute ont été pris pour cibles dans ce pays.
Le président des Etats-Unis a donné jusqu'à 20h00 de Washington (minuit GMT) à l'Iran pour débloquer la navigation dans le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement pétrolier de la planète.
Quelques heures avant l'expiration de l'ultimatum, Pékin et Moscou ont usé de leur droit veto pour empêcher le Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter un texte réclamant le déblocage d'Ormuz, au grand dam des pays du Golfe qui espéraient un feu vert pour le libérer de force.
- "Seul à savoir" -
"Aucun objectif militaire ne justifie la destruction massive des infrastructures d'une société ni d'infliger de manière délibérée de telles souffrances aux populations civiles", a rétorqué le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, "très préoccupé" par les déclarations de Donald Trump.
L'ambassadeur iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a lui dénoncé des propos "profondément irresponsables".
Le vice-président américain JD Vance, "optimiste quant au fait qu'on parvienne à une bonne issue", a prévenu que les Iraniens "doivent savoir que nous avons des outils dans notre arsenal que, jusqu'ici, nous n'avons pas décidé d'utiliser".
Des propos qui ont pu être interprétés comme une porte ouverte à une utilisation de l'arme nucléaire par les Etats-Unis, une éventualité que la Maison Blanche a démenti.
Donald Trump est "seul" à savoir "ce qu'il va faire" en Iran, a déclaré dans le même temps sa porte-parole Karoline Leavitt, alors que des adversaires politiques du président interprètent ses propos émaillés de contradictions comme la preuve qu'il présenterait des signes de démence.
- "Crime de guerre" -
En Iran, deux ponts, routier et ferroviaire, ont été touchés au sud de Téhéran, faisant deux morts, et une autoroute a été fermée dans le nord du pays après une attaque, selon la presse iranienne.
Donald Trump avait menacé dimanche de frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens mardi si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a rappelé que cibler les infrastructures civiles était "un crime de guerre". Et, pour des experts, frapper les centrales électriques risque surtout de provoquer une crise humanitaire.
Israël, qui a dit vouloir "intensifier les dommages causés au régime" iranien, a indiqué avoir mené des frappes contre des voies ferrées et des ponts utilisés par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.
Dans le Golfe, des frappes ont visé l'île de Kharg, point névralgique de l'industrie pétrolière iranienne, selon l'agence iranienne Mehr. Des bombardements ont également ciblé la province d'Alborz (nord), selon des médias locaux. Dix-huit personnes ont été tuées.
- "Cauchemar" -
"Pour nous, la guerre n’est pas seulement une Une ou une analyse politique, c’est l’effondrement de la vie (...) Votre guerre est notre cauchemar nocturne", a témoigné sur X la journaliste iranienne Elaheh Mohammadi.
A Téhéran, les habitants semblent partagés entre la peur et une certaine indifférence face aux avertissements du président américain.
Morteza Hamidi, retraité de 62 ans, balaye le nouvel ultimatum: Donald Trump "a changé les dates tellement de fois que nous sommes désormais insensibles à ses menaces". Pour Amir, 40 ans, les gens "sont inquiets" mais "disent aussi que s’ils frappent les infrastructures, il faudra supporter, parce que si le régime islamique reste, ils commenceront à nous tuer dès le lendemain".
L'Iran, qui menace d'actions qui priveront les Etats-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz "pendant des années", continue de frapper quotidiennement les pays du Golfe accusés d'aider Washington. Dans l'est de l'Arabie saoudite, le complexe pétrochimique géant de Jubail a été touché.
burx-bar/am/vl
P.Kolisnyk--CPN