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Guerre au Moyen-Orient: le pétrole propulsé, les Bourses mondiales mises à mal
Avec une hausse de près de 30% depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la flambée des cours du pétrole pèse nettement sur les Bourses mondiales et ravive les craintes de poussées inflationnistes.
En quelques séances, les prix du brut se sont renchéris de plus de 20 dollars, atteignant des niveaux plus vus depuis 2023, alors que le conflit paralyse une grande partie des flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.
Le détroit d'Ormuz demeure au centre des inquiétudes, avec quelque 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transite habituellement. Depuis les frappes israélo-américaines lancées le 28 février, les Gardiens de la Révolution bloquent de facto le trafic dans ce passage stratégique.
"Le détroit d'Ormuz n'a jamais été fermé auparavant, donc personne ne savait vraiment à quoi s'attendre", souligne Bjarne Schieldrop, responsable de l'analyse matières premières chez SEB.
"Cela perturbe totalement les flux" mais aussi "la distribution des produits pétroliers du brut vers les raffineries, puis les produits pétroliers vers les consommateurs".
Les Bourses voient rouge
Les marchés boursiers "ne se porter(ont) pas bien si cette situation perdure", commente auprès de l'AFP Tim Urbanowicz, d'Innovator Capital Management. "Cela va exercer une forte pression, qui pourrait même avoir un effet récessionniste."
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,65%, Francfort de 0,94% et Londres de 1,24%. En une semaine, l'indice parisien CAC 40 a dévissé de 6,84%, le DAX de Francfort de 6,70% et le FTSE 100 londonien de 5,74%.
A Wall Street, le Dow Jones a reculé de 0,95%, l'indice Nasdaq a perdu 1,59% et l'indice élargi S&P s'est replié de 1,33%.
"Un week-end géopolitiquement agité s'annonce, et l'envie d'acheter des actions est très faible. Personne ne veut pour l'instant attraper un couteau qui tombe", note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.
A la flambée du brut est venu se greffer un rapport sur l'emploi morose aux Etats-Unis. Le pays a détruit 92.000 emplois en février et le chômage a grimpé à 4,4%, un spectaculaire revirement par rapport au mois précédent qui n'avait pas été anticipé par les marchés.
"Cela crée une situation complexe" pour la banque centrale américaine (Fed), estime Gina Bolvin, de Bolvin Wealth Management Group.
"Un marché du travail plus faible plaide en faveur d'une éventuelle baisse des taux", explique-t-elle. Mais l'institution monétaire "aura besoin de preuves plus claires d'un ralentissement de l'inflation avant de prendre cette décision."
L'indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis en février est attendu la semaine prochaine.
Les taux obligataires montent encore
Les investisseurs redoutent par ailleurs un regain d'inflation, particulièrement en Europe où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, rappelant la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022.
En Europe, le rendement de l'emprunt allemand à 10 ans, considéré comme la référence, s'est hissé à 2,86%, contre 2,64% vendredi avant le conflit, une forte variation pour ce marché.
Son équivalent français s'est établi à 3,52% contre 3,22% vendredi, et l'italien à 3,64% contre 3,27%. Enfin, le britannique flambait à 4,62% contre 4,23% vendredi à la clôture.
Aux Etats-Unis, le rendement des emprunts de l'Etat américain à 10 ans est resté stable par rapport à la veille, à 4,14%. Il avait terminé à 3,94% vendredi dernier.
A.Agostinelli--CPN