-
Publicités pour des anti-obésité: Novo Nordisk et Eli Lilly mis à l'amende
-
Wall Street sur la retenue avant de nouveaux résultats
-
Episode d'hantavirus à bord d'une croisière: aucune raison de céder à la panique pour l'OMS
-
Abel Quentin, l'écrivain qui appelle à "défendre l'homme" contre l'IA
-
Musk contre Altman: un confondateur d'OpenAI et ses vieux carnets ouvrent la 2e semaine du procès
-
Climat: la lutte contre le méthane, possible solution à la crise énergétique, selon l'AIE
-
Musk contre Altman: le procès sur la mission d'OpenAI entame sa 2e semaine
-
Trump annonce un déblocage du détroit d'Ormuz et des discussions "très positives" avec l'Iran
-
Trois morts liés à un possible foyer de hantavirus sur un bateau de croisière dans l'Atlantique
-
Trois morts liés à un possible foyer de hantavirus sur un bateau de croisière dans l'Atlantique (OMS)
-
Bangkok, paradis de la street food, donne un coup de balai parmi les vendeurs de rue
-
Le boom des véhicules électriques protège le Népal de la crise énergétique
-
Rio en mode Shakira: concert géant de la star latine sur la plage de Copacabana
-
Australie: un homme inculpé pour le meurtre d'une fillette aborigène
-
Le secteur aérien se mobilise après l'arrêt immédiat de la compagnie américaine Spirit Airlines
-
Allemagne: baisse des prix des carburants moins forte qu'attendu après le rabais fiscal
-
TotalEnergies: taxation des surprofits si le plafonnement des prix n'est pas suffisant (Le Pen)
-
Alex Zanardi, les multiples vies d'un sportif adulé de l'Italie
-
Retrait annoncé d'environ 5.000 soldats américains d'Allemagne, Berlin prend acte
-
La Première ministre du Japon veut une région Asie-Pacifique "libre et ouverte"
-
La compagnie américaine Spirit Airlines annule tous ses vols et stoppe son activité
-
L'organisation des vacances d'été chamboulée par les prix à la pompe
-
Acteurs et scénarios générés par IA exclus des Oscars
-
Le roi Charles III aux Bermudes après sa visite marathon aux Etats-Unis
-
1er-Mai au Venezuela: manifestations après la "blague" de l'augmentation du revenu minimum
-
ExxonMobil et Chevron plombés par des effets comptables au 1er trimestre
-
Le pétrole chute après une nouvelle offre de Téhéran en vue de négocier avec Washington
-
Le Pentagone recrute sept entreprises d'IA pour des opérations classifiées, Anthropic écartée
-
Rio sur un air latino avant le concert géant de Shakira
-
Turquie : un 1er Mai très suivi, au moins 550 arrestations
-
Wall Street en hausse, réserve un bon accueil aux résultats d'entreprises
-
Les enfants de l’ASE, grands oubliés de la santé: un dispositif veut changer la donne
-
Le pétrole se replie après une proposition de Téhéran en vue de négocier avec Washington
-
Crise énergétique: faute de gaz, des Indiens cuisinent à la bouse de vache sacrée
-
Nouvelle offre iranienne pour tenter de débloquer les négociations avec Washington
-
Les voitures électriques décollent en France, grâce à la Renault 5 et aux marques chinoises
-
Inflation: des hausses des taux de la Fed ne doivent pas être exclues, selon un responsable
-
Royaume-Uni: le suspect de l'attaque contre deux hommes juifs inculpé et présenté à un juge
-
Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès
-
Les voitures électriques décollent en France, mais le marché automobile reste en berne
-
Marine Tondelier propose la création d'un congé climatique
-
Maradona était "bipolaire" avec "un trouble narcissique", révèle un psychologue jugé pour sa mort
-
Les syndicats mobilisés pour le maintien d'un 1er-Mai chômé, boulangers et fleuristes dans le flou
-
Argentine: les syndicats manifestent contre l'austérité de Milei, promettent de durcir les conflits
-
La croissance d'Apple soutenue par l'iPhone et les services
-
Britney Spears inculpée pour conduite sous emprise en Californie
-
Apple: résultats trimestriels meilleurs que prévu, croissance toujours soutenue pour l'iPhone
-
Wall Street: le S&P 500 et le Nasdaq ont signé leur meilleur mois depuis 2020
-
Procès OpenAI: Musk se défend de ressembler à ceux qu'il poursuit
-
Une série documentaire sur la princesse Diana promet révélations et entretiens inédits
Au Nigeria, le bidonville de Makoko sacrifié sur l'autel de la modernisation urbaine
Sur la rive du bidonville flottant de Makoko bordant la lagune de Lagos, des habitants dépités entassent leurs maigres biens sur des pirogues pour quitter l'endroit en cours de destruction où quelques pilotis émergent encore des eaux polluées.
La démolition d'une partie de ce bidonville bâti sur l'eau, le plus grand de ce type en Afrique, est la dernière opération en date des autorités de Lagos visant à détruire les quartiers insalubres pour y lancer d'ambitieux projets immobiliers.
Sous protection policière, des pelleteuses y rasent habitations, écoles et lieux de culte depuis la veille de Noël, laissant derrière leur passage des amas de débris de planches en bois et de tôle.
En trois semaines, plus de 1.000 bâtiments informels ont été démolis et trois personnes, dont deux nourrissons, ont trouvé la mort suite à des tirs de gaz lacrymogènes par la police, selon des habitants et des ONG.
- comme "des animaux" -
Selon l'ONG Justice and Empowerment Initiative (JEI), "plus de 30.000 personnes ont été déplacées" par les démolitions. Pour les habitants, qui affirment n'avoir reçu ni préavis ni solution de relogement, c'est le choc.
"Ils nous ont traités comme si nous étions moins que des animaux", lance Alex Wusa, enseignant de 25 ans, à bord d’une pirogue à Makoko. "Ma maison, mon magasin et même l’école où j’enseigne ont été démolis".
Construit sur pilotis il y a plus d'un siècle, le bidonville dépourvu de services publics et d'infrastructures de base,abritait des ménages à faibles revenus, vivant de la pêche et d'activités informelles.
Sa population est difficile à estimer, les chiffres allant de 80.000 habitants, selon l'ONG JEI, à plus de 300.000, selon des responsables locaux.
Makoko est l’un des symboles des inégalités sociales au Nigeria, un pays riche en pétrole et gaz, où la fortune de quelques-uns coexiste avec l'extrême pauvreté de nombreux habitants. Selon la Banque mondiale, plus de 60% des Nigérians vivent en-dessous du seuil de pauvreté.
La communauté a déjà connu des démolitions similaires en 2005 et 2012, au cours desquelles des centaines de maisons en bois ont été détruites et un chef communautaire tué.
- des pirogues comme unique refuge -
Pour de nombreux habitants, Makoko est le seul lieu d'habitation qu'ils aient jamais connu à Lagos.
Sur place, des familles ont trouvé refuge temporairement dans des pirogues, sans protection contre les intempéries qui fragilisent la plupart des abris de fortune.
"Cette souffrance est trop grande", explique Iyabo Olaleye, une poissonnière ayant perdu deux maisons lors des démolitions qui dit n'avoir "nulle part où aller".
Pour les autorités de l’Etat de Lagos, de nombreuses maisons avaient été construites sous des lignes à haute tension, mettant en danger la vie des habitants pour expliquer la destruction de ces habitations.
Mais selon une coalition de cinq ONG, plusieurs maisons plus éloignées ont également été rasées.
Les habitants et les ONG accusent les autorités de servir les intérêts d'une oligarchie de familles propriétaires de terrains et de promoteurs privés.
Depuis des mois, plusieurs quartiers déshérités de Lagos, capitale économique du Nigeria, ont été détruits sur ordre des autorités.
"Lorsqu’ils démolissent, construisent-ils pour ceux qui occupaient ces propriétés?" demande Moses Oguneleye, membre de l’Institut nigérian des urbanistes.
- Pénurie de logements -
Avec plus de 22 millions d’habitants et un afflux constant de personnes en quête d’emplois, Lagos fait face à une extrême pénurie de logements.
Selon un rapport de la Fondation pour le logement et le développement urbain, il manquait 3,4 millions de logements à Lagos en 2025.
La situation devrait encore s’aggraver: les prévisions estiment que Lagos deviendra la ville la plus peuplée du monde d'ici 2100.
Alors que des quartiers informels sont rasés pour bâtir de nouvelles résidences, principalement destinées au marché haut de gamme, des milliers de logements dans des quartiers aisés comme Ikoyi et Lekki restent vacants en raison de loyers prohibitifs.
Ces deux dernières années, les loyers de Lagos ont flambé, sous le coup de l'inflation et de la crise économique, sans aucune régulation, forçant de nombreux Nigérians à déménager vers des quartiers informels ou en périphérie.
- vivre sous un pont à prix d'or -
Moins de 10% de l’offre de logements est fournie par l’Etat, le reste étant assuré par des promoteurs privés.
Près de la moitié de la population de l’Etat vit dans des bidonvilles, estime Timothy Nubi, professeur de gestion immobilière à l’Université de Lagos.
"Quand vous voyez des gens payer 180.000 nairas (125 dollars) pour un espace sous un pont, vous comprenez qu’il y a un problème", commente-t-il.
Selon lui, les autorités devraient privilégier une "gentrification" qui améliore des quartiers comme Makoko sans déplacer leurs habitants, plutôt que des démolitions pures et simples.
P.Kolisnyk--CPN