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Altice France s'apprête à réduire sa dette colossale
Le groupe de télécommunications Altice France, maison mère de l'opérateur SFR, s'apprête mercredi à voir passer sa dette de plus de 24 milliards à 15,5 milliards d'euros, après un accord conclu avec ses créanciers qui doit le faire sortir des difficultés.
"Avec cette dette nouvelle, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour Altice France. On peut donc acter que les vents contraires sont derrière nous", a récemment déclaré dans un entretien à l'AFP le PDG du groupe, Arthur Dreyfuss.
Cette opération de restructuration financière, l'une des plus importantes jamais réalisées en Europe, fait suite à un accord conclu en février avec les créanciers du groupe.
En contrepartie, les détenteurs de la dette d'Altice France se verront attribuer mercredi 45% des parts du capital du groupe. Le milliardaire Patrick Drahi, propriétaire du groupe, conserve sa position majoritaire avec 55% des parts.
Cette restructuration entraîne l'entrée de deux nouveaux membres au conseil d'administration.
Selon une information des Echos, confirmée à l'AFP par Altice France, il s'agit de l'ancien patron du groupe de télécommunications britannique Vodafone, Nick Read, et de l'ancien PDG du géant français des matériaux de construction Saint Gobain, Pierre-André de Chalendar.
Ces changements seront "sans aucun impact sur l'organisation de l'entreprise, sans aucun impact sur l'emploi, sans impact sur les clients, sans impact sur les partenaires", avait assuré M. Dreyfuss.
Le plan d'allègement de la dette est vivement contesté depuis plusieurs mois par les syndicats, inquiets notamment pour l'emploi. Début août, les élus du personnel se sont opposés devant le tribunal des activités économiques (ex-tribunal de commerce) à l'adoption du plan de sauvegarde accélérée.
La procédure nécessaire, pour poursuivre la restructuration financière, a finalement été validée en première instance.
Les syndicats, qui ont ensuite demandé en référé la suspension du plan, n'ont pas vu leur demande aboutir. Une audience d'appel doit se tenir le 4 novembre.
Les représentants de personnel s'inquiètent également d'une possible vente de l'opérateur SFR, une question qui agite depuis plusieurs mois le secteur des télécoms.
Les dirigeants des trois concurrents français (Bouygues Telecom, Free et Orange) se sont d'ores et déjà déclarés favorables à une consolidation du marché autour de trois opérateurs.
"A ce stade, il n'y a pas d'offre" de rachat, a indiqué fin septembre Arthur Dreyfuss.
P.Petrenko--CPN