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Le Sénat américain en passe de confirmer la nomination d'un conseiller de Trump à la Fed
Le Sénat américain doit voter lundi sur le choix du président Donald Trump de nommer un de ses conseillers économiques à la Réserve fédérale (Fed), possiblement à temps pour qu'il participe à une réunion clé dès mardi.
Lors d'un vote en commission la semaine dernière, les sénateurs républicains, majoritaires, se sont tous prononcés en faveur de l'arrivée de Stephen Miran au conseil des gouverneurs de la Fed.
Si sa nomination est confirmée lundi soir, il pourrait être en mesure de prêter serment in extremis afin de siéger mardi et mercredi à la réunion au cours de laquelle, toutes les six semaines, la banque centrale des Etats-Unis décide du niveau de ses taux directeurs.
Les démocrates sont opposés à sa nomination. Ils jugent qu'il ne fera qu'appliquer les desiderata de Donald Trump.
A la tête du Comité des conseillers économiques (CEA) de la Maison Blanche, Stephen Miran est l'un des architectes et défenseurs de la politique économique du président républicain.
Lors de son audition au Sénat, il a estimé, à rebours de la majorité des économistes, qu'il n'y avait "pas eu d'augmentation détectable du niveau global des prix à la suite de l'instauration de droits de douane" par l'exécutif américain.
Formé à l'Université de Boston puis à Harvard où il a reçu son titre de docteur en économie, M. Miran a travaillé pour des sociétés d'investissement et été conseiller au ministère des Finances à la fin du premier mandat de Donald Trump.
Il doit occuper un poste de gouverneur vacant depuis la démission surprise d'Adriana Kugler. Nommée par l'ex-président démocrate Joe Biden, elle n'a pas précisé les raisons de son départ anticipé.
Le mandat de Mme Kugler courrait jusqu'au 31 janvier 2026. C'est ce laps de temps que M. Miran est censé couvrir comme gouverneur.
Du fait de la brièveté du mandat en jeu, Stephen Miran a expliqué aux sénateurs début septembre qu'il ne prévoyait pas de démissionner de son poste de conseiller du président mais seulement de prendre un congé sans solde.
La situation inédite -un gouverneur gardant un lien avec la Maison Blanche- a révolté l'opposition démocrate qui dénonce une "servitude" annoncée.
- "MAINTENANT" -
Donald Trump réclame depuis des mois une détente monétaire pour alléger les coûts d'emprunt et soutenir la croissance. Il minimise en parallèle les risques d'un regain d'inflation, perspective qui a jusqu'ici freiné les banquiers centraux américains.
Lundi encore, il a appelé le président de l'institution Jerome Powell à baisser les taux d'intérêt "MAINTENANT, ET PLUS FORTEMENT QUE CE QU'IL A EN TÊTE", dans un message sur Truth Social.
Avec ou sans M. Miran, la réunion de cette semaine devrait marquer la première baisse de taux de 2025. Les investisseurs anticipent majoritairement une diminution d'un quart de point, ce qui est le plus courant en politique monétaire.
Pour accélérer les choses, Donald Trump tente de faire de la place pour des fidèles au sommet de la Fed.
Après avoir menacé de limoger Jerome Powell et l'avoir appelé en vain à démissionner, il tente de pousser vers la sortie la gouverneure Lisa Cook.
Il accuse Mme Cook d'avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables.
La gouverneure a obtenu la semaine dernière une décision de justice lui permettant de rester temporairement en place et de voter en principe cette semaine avec ses collègues sur les taux d'intérêt. Mais Donald Trump a fait appel et l'affaire est loin d'être close.
Douze personnes votent ensemble sur les taux d'intérêt américains: les membres du conseil des gouverneurs (six gouverneurs et M. Powell), le président de la Fed de New York et quatre présidents de Fed régionales qui changent d'une année sur l'autre.
P.Petrenko--CPN