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Présidentielle: les candidats au chevet de l'agriculture
Un mois après le Salon de l'agriculture, plusieurs candidats remettent mercredi le pied à l'étrier en se rendant à Besançon pour le congrès de la FNSEA, à un moment où l'écart se resserre entre Emmanuel Macron et ses poursuivants.
A 11 jours du premier tour, ils seront six à s'exprimer devant 1.500 agriculteurs à l'initiative du Conseil de l'agriculture française (Caf) et du principal syndicat, la FNSEA: certains d'entre eux sont attendus à Besançon, comme Valérie Pécresse (LR), Marine Le Pen (RN), Eric Zemmour (Reconquête), le communiste Fabien Roussel et l'iconoclaste Jean Lassalle.
Pris par l'agenda présidentiel, avec un Conseil de défense le matin suivi d'un Conseil des ministres, Emmanuel Macron s'adressera aux agriculteurs par vidéo. Mardi, la guerre en Ukraine l'a encore occupé, avec un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, alors que les négociations russo-ukrainiennes en Turquie semblaient progresser.
Des circuits courts au retrait des accords de libre-échange, en passant par la suppression totale des pesticides, les 12 candidats à l'Elysée fourmillent d'idées pour prêter main forte à une agriculture frappée par la flambée des coûts de production et des matières premières agricoles provoquée par la guerre en Ukraine.
"Nous sentons toujours les soubresauts de la crise sanitaire, et une crise s'additionne désormais à l'autre", selon la présidente du Caf et de la FNSEA, Christiane Lambert.
"On pensait que la sécurité alimentaire n'était plus un sujet (...) mais il faut un changement de paradigme fort et un retour en force de la souveraineté alimentaire comme élément majeur des politiques", a-t-elle plaidé.
La plupart des candidats défendent cet objectif, qui recouvre des acceptions différentes selon leur couleur politique et s'est imposé dans le débat public ces dernières semaines.
A Besançon, chacun présentera ses idées pendant une dizaine de minutes, avant de se livrer à une demi-heure de questions-réponses avec le public, composé des principaux acteurs du monde agricole (coopératives, banques, assurances).
- Des absents à gauche -
Mme Lambert a "regretté" que l'écologiste Yannick Jadot, l'insoumis Jean-Luc Mélenchon et la socialiste Anne Hidalgo aient "décliné l'invitation".
A la peine dans les sondages, la maire PS de Paris a fait savoir au syndicat qu'elle ne pourrait s'y rendre pour des raisons d'agenda.
Selon Mme Lambert, le candidat écologiste aurait accepté l'invitation avant de se raviser. Il se rend, en revanche, à Margny-sur-Matz (Oise) sur le thème de la ruralité, dont les maires ont été très sollicités par les candidats pour obtenir les 500 parrainages et veulent faire entendre leurs revendications dans la campagne.
Selon un sondage Ifop commandé par le syndicat et publié mardi, le président sortant Emmanuel Macron rassemble à ce stade 30% des intentions de vote des agriculteurs, suivi par Valérie Pécresse (13%), Éric Zemmour (12%) et Marine Le Pen (11%).
De son côté, La France insoumise, dont le candidat Jean-Luc Mélenchon est le mieux placé à gauche, s'efforce de mobiliser les électeurs à l'approche du premier tour du 10 avril, avec un meeting sur le thème de "l'union des quartiers populaires" organisé à Saint-Denis, en banlieue parisienne.
Dans la dernière ligne droite de la campagne, l'écart se resserre dans les sondages entre Emmanuel Macron et ses poursuivants immédiats, même s'il reste largement en tête.
Selon le "rolling" Ipsos Sopra-Steria, le président a cédé 2,5 points en une semaine pour se situer à 27% des intentions de vote, tandis que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en gagnent 2 pour se situer respectivement à 19,5% et 15%.
Au second tour, les adversaires potentiels d'Emmanuel Macron gagnent aussi du terrain, même s'ils sont toujours donnés battus. En cas de duel avec Marine Le Pen comme en 2017, Emmanuel Macron l'emporterait par 56% contre 44%, alors que le score il y a une semaine était de 59% contre 41%.
P.Kolisnyk--CPN