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Airbus va embaucher au moins 6.000 personnes dans le monde
Le redécollage après le plongeon: Airbus va embaucher au moins 6.000 personnes dans le monde en 2022 pour répondre à l'important besoin d'avions neufs après la pandémie de Covid-19 et préparer les technologies de l'avion vert.
Si le trafic aérien mondial mettra encore de longs mois avant de retrouver son niveau de 2019, Airbus n'a pas attendu pour entamer une forte remontée en cadence de sa production: les compagnies aériennes vont devoir renouveler leurs flottes par des avions consommant moins de carburant, donc émettant moins de CO2, et les accroître pour faire face à la forte croissance attendue du trafic aérien à terme.
Pour accompagner cette remontée en cadence, mais aussi répondre aux besoins en avions militaires, hélicoptères et satellites, "la société annonce son intention de commencer l'année 2022 avec un plan de recrutement d'environ 6.000 personnes dans le monde entier, dans l'ensemble du groupe", affirme Airbus dans un communiqué, sans préciser à ce stade le nombre de recrutements par pays.
Ces embauches prennent en compte le remplacement des départs naturels prévus mais ces derniers sont limités car il y a "déjà eu beaucoup de départs dans le cadre de nos plans d'adaptation au cours des 18 derniers mois", a expliqué le directeur des ressources humaines du groupe, Thierry Baril, à des journalistes.
D'ici l'été, "nous verrons si ce plan est suffisant pour l'année 2022 ou s'il faut aller plus loin" et embaucher davantage, "on y va étape par étape", a-t-il ajouté.
En France, les syndicats se sont réjouis de cette annonce, une "très bonne nouvelle", selon Françoise Vallin, coordinatrice du syndicat CFE-CGC.
"On a très bien géré cette crise sanitaire, on était dans une situation où Airbus pouvait mourir, on a sauvé la boutique et on sort plus fort de la crise", s'est de son côté félicité Dominique Delbouis, coordinateur Force ouvrière, premier syndicat du groupe.
Dès le début de la pandémie, l'avionneur avait réduit ses cadences de production et annoncé 15.000 suppressions de postes, dont 5.000 en France et 5.100 en Allemagne, principaux pays d'implantation de l'avionneur.
Le chiffre avait finalement été revu à la baisse à la faveur notamment des aides publiques comme les dispositifs de chômage partiel mis en place par les Etats. Au final, le nombre de salariés du groupe est passé de 135.000 fin 2019 à 126.000 au 30 septembre 2021, dernier chiffre disponible.
- Décarbonation et cyber -
Mais il faut répondre aux "forts signes de reprise dans l'industrie aérospatiale" et "mettre en place la feuille de route pour la décarbonation" de l'aérien, selon Thierry Baril.
Un quart des recrutements prévus concernera des "nouvelles compétences" liées à la décarbonation, la transformation numérique et la cybertechnologie.
Airbus étudie notamment le développement à l'horizon 2035 d'un avion à hydrogène, un concept qui implique de revoir de fond en comble toute l'architecture de l'appareil. Dans le domaine de la défense, il est l'un des principaux industriels chargés de développer le système de combat aérien futur (Scaf), voulu par Paris, Berlin et Madrid et qui fera largement appel à des technologies numériques qu'il reste à créer.
A plus court terme, pour répondre au succès de ses avions monocouloirs A320 et A321, Airbus doit fortement augmenter ses cadences.
Il compte dès l'été 2023 produire 65 avions de la famille A320 chaque mois, plus qu'il n'en a jamais construit, alors que leur production avait chuté à 40 appareils mensuels dès le début de la pandémie. Il envisage même de monter jusqu'à 75 appareils par mois en 2025.
Mastodonte de l'industrie aéronautique mondiale, il entraîne dans son sillage des centaines de sous-traitants. Sa nouvelle filiale Airbus Atlantic (13.000 salariés), qui regroupe les activités d'assemblage de structures d'avions, prévoit 700 embauches cette année.
Le motoriste et équipementier aéronautique Safran, qui profite également des remontées en cadence prévues chez l'américain Boeing, prévoit lui 12.000 embauches, dont 3.000 en France. La crise sanitaire l'avait conduit à supprimer 20.000 postes dans le monde.
Pour la France, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), l'organisation professionnelle du secteur qui comptait 194.000 salariés fin 2020, estime les besoins pour 2022 à "une quinzaine de milliers d'embauches".
C.Peyronnet--CPN