-
Budget britannique : un peu d'air promis aux ménages, sous l'œil des marchés
-
SK hynix : nouveau bond des bénéfices au troisième trimestre porté par l'IA
-
Taux directeurs : la Fed tentée par l'abstention avant les élections de mi-mandat aux États-Unis
-
Au début de sa visite dans les Caraïbes, Charles III reconnaît les "souffrances du passé"
-
Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes
-
Wall Street clôture en hausse avant la Fed
-
Wall Street clôture en hausse, prises de bénéfices avant la Fed
-
Plus de 2.500 commerces touchés par les violences dont un millier fortement dégradés, selon CCI France
-
Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique ou le capitalisme industriel tambour battant
-
Les Houthis disent avoir frappé la plus grande raffinerie saoudienne
-
Wall Street ouvre en hausse, attend la Fed
-
Jeu vidéo : les fans se mobilisent pour sauver la saga de science-fiction Mass Effect
-
Vente de SFR: le CSE de l'opérateur débouté d'une action en référé
-
L'UE veut renforcer Frontex et élargir ses pouvoirs d'expulsion de migrants
-
Le patron de Coopérative U évoque un "véritable effondrement de la consommation de carburant"
-
Eurovision : les Pays-Bas se retirent en raison de la question "sensible" d'Israël
-
Appels à réparations pour l'esclavage: Charles III en visite délicate aux Caraïbes
-
Dans une usine centenaire anglaise, Safran prépare l'aile de l'avion de demain
-
L'optimisation fiscale, possible piste pour financer les mesures sur les lycées, selon Amiel
-
Chine: Mbappé, accusé d'offense aux sentiments nationaux, fait face à une levée de boucliers
Pangolins, chimpanzés: le commerce illégal d'espèces sauvages prospère sur Facebook
Une créature d'un blanc blafard, recroquevillée sur une balance, est proposée à la vente dans une publication sur Facebook. En y regardant de plus près, on devine qu'il s'agit d'un pangolin mort, l'un des mammifères les plus menacés au monde.
L'animal, parmi les plus grandes victimes du trafic illégal, été dépouillé de ses écailles et est ainsi présenté par un compte thaïlandais commercialisant des "délices sauvages de saison".
Cette publication fait partie des dizaines examinées par l'AFP qui illustrent ce que les défenseurs de l'environnement qualifient de trafic illégal effréné d'espèces sauvages sur les réseaux sociaux, en particulier ceux de Meta, la société mère de Facebook, Instagram, ou encore WhatsApp.
Un rapport publié lundi par plusieurs ONG telles que la Fondation Freeland, Education for Nature Vietnam et l'International Wildlife Trust accuse Meta d'héberger le "plus grand marché unique connu de commerce illégal d'espèces sauvages", et d'encourager ce trafic en partageant les revenus publicitaires avec les utilisateurs via des modèles d'abonnement.
Ce rapport fait suite à une récente étude menée par l'Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale (GI-TOC) et publiée en avril.
Meta a refusé de répondre aux questions de l'AFP, renvoyant à ses règles restreignant la vente d'espèces menacées.
L'étude de la GI-TOC a recensé plus de 20.000 annonces proposant plus de 260.000 produits issus d'espèces sauvages sur les réseaux sociaux entre avril 2024 et mars 2026.
Près des trois quarts de ces annonces se trouvaient sur Facebook, et beaucoup sont restées en ligne même après avoir été signalées, selon Russell Gray, scientifique des données et écologiste, coauteur du rapport de la GI-TOC.
"Même les comptes et les groupes non masqués que nous avons signalés publiquement dans le rapport sont toujours en ligne et actifs", a-t-il déclaré à l'AFP.
- "Ahurissant" -
"Les comptes qui violent ouvertement la loi devraient être fermés, et des enquêtes devraient être ouvertes sur les activités criminelles qui se cachent derrière", estime Tom Taylor, directeur des opérations de la Wildlife Friends Foundation Thailand, qui assure n'avoir "jamais constaté la moindre mesure prise" après un signalement.
Pour l'enquêteur indépendant Daniel Stiles, autre coauteur du rapport, la "monétisation des contenus encouragée par Facebook et Instagram incite en réalité les gens à commettre des actes illégaux".
"Plus leurs comptes génèrent d'interactions et d'engagement, plus ils peuvent gagner d'argent", précise-t-il.
Meta ne rend pas publique la liste des comptes inscrits à ses programmes de monétisation de contenu. Cependant, ceux qui sont inscrits à son programme d'abonnement sont publiquement identifiables.
Parmi eux, un compte vraisemblablement basé au Laos prétend montrer le braconnage d'animaux sauvages, y compris de pangolins.
"Comment Meta peut permettre cela ? C'est tout simplement ahurissant", s'insurge Daniel Stiles.
- "Belles paroles" -
Hors de la galaxie Meta, d'autres réseaux sociaux comme TikTok et Snapchat sont eux aussi de plus en plus utilisés par les trafiquants d'animaux.
L'AFP a examiné diverses annonces: chimpanzés proposés comme animaux de compagnie, corne de rhinocéros pour la médecine traditionnelle, ou encore pangolins destinés à la consommation.
En raison du fonctionnement des algorithmes, les utilisateurs qui consultent des comptes liés au trafic d'animaux sauvages se voient proposer toujours plus de contenus similaires.
Après avoir parcouru seulement une poignée de comptes publics faisant la publicité de ce commerce illégal, le fil d'actualité Facebook d'un journaliste de l'AFP a commencé à afficher régulièrement des publications vendant des animaux ou parties d'animaux menacés.
Meta fait partie des 11 entreprises technologiques qui ont annoncé dernièrement vouloir travailler à l'élimination du trafic d'espèces sauvages sur leurs plateformes.
Or l'entreprise est membre depuis 2018 de la Coalition pour mettre fin au trafic d'espèces sauvages en ligne, et le problème n'a cessé de s'aggraver, relève Steve Galster, fondateur de Freeland.
Pour lui, il ne s'agit que de "belles paroles".
"Tant que Meta ne sera pas contrainte de débarrasser ses plateformes du commerce illégal d'espèces sauvages et de prouver qu'elle n'en tire aucun profit, le commerce d'animaux sauvages en ligne ne fera qu'empirer", prévient-il.
P.Gonzales--CPN