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L'Afrique du Sud s'efforce de protéger les oiseaux des éoliennes
Le vent souffle à faire vibrer le toit en plastique de ce poste d'observation où deux contrôleuses balayent l'horizon aux jumelles, au coeur du parc éolien d'Excelsior, à 200 kilomètres à l'est du Cap.
Emmitouflées dans leurs écharpes et bonnets, elles scrutent, depuis ce cabanon au sommet d'une colline, les champs de l'Overberg qui ondulent au gré des bourrasques, jusqu'à ce qu'une petite silhouette sombre se dessine dans le ciel.
"Arrêtez l'éolienne 11, s'il vous plaît. Vautour chassefiente, adresse l'une d'elles au talkie-walkie.
— J'arrête l'éolienne 11", entend-on à la radio.
Les pales de l'engin de 150 mètres de hauteur ralentissent immédiatement et s'arrêtent.
"Il faut environ 43 secondes pour stopper une éolienne", explique la conservatrice Clarissa Mars, responsable du protocole d'arrêt sur demande mis en place sur le site opéré par l'énergéticien français Engie.
De quatre postes d'observation, des contrôleurs surveillent le passage d'oiseaux. Quand un oiseau jugé "prioritaire" est à moins d'un kilomètre d'une éolienne, ils appellent les opérateurs du centre de contrôle qui arrêtent les pales.
- 6.000 oiseaux tués par an -
Le site se trouve près d'habitats d'espèces menacées comme le busard maure, susceptible d'être fauché en vol par les pales allant jusqu'à 280 km/h.
Selon l'organisation de protection des oiseaux BirdLife South Africa, plus de 6.000 volatiles sont tués chaque année dans les 33 parcs éoliens sud-africains.
Dont 10% d'espèces menacées d'extinction. Développé à la fin des années 2010, notamment au Kenya, le protocole d'arrêt sur demande est désormais mis en place dans le monde entier.
A Excelsior, les treize éoliennes qui fournissent de l'électricité à 40.000 foyers chaque jour sont régulièrement stoppées pour laisser passer sans risque les oiseaux.
Depuis 2020, huit oiseaux "prioritaires" ont été tués par les pales d'éoliennes, selon Clarissa Mars qui assure que le protocole a largement limité la mortalité des espèces menacées: "Cette année, aucun oiseau n'a été tué. J'en suis très heureuse."
Les chercheurs et défenseurs du busard maure sont moins enthousiastes.
La population de ces petits rapaces noirs aux ailes et à la queue striées de blanc est aujourd'hui estimée à 1.300 individus, essentiellement en Afrique du Sud.
- L'extinction par l'éolien ? -
Après la disparition de l'habitat causée par l'agriculture et le réchauffement climatique, les chocs avec les éoliennes sont une cause majeure de mortalité du busard maure.
Si le protocole d'arrêt sur demande a réduit de 100% la mortalité de certains oiseaux à Excelsior, comme le vautour chassefiente, ce n'est pas le cas du busard maure, plus petit et donc moins visible pour les observateurs.
"C'est l'une des premières espèces dont l'extinction peut être directement causée par l'éolien", alerte Rob Simmons, professeur à l'Université du Cap.
"Si on tuait trois à cinq busards maures adultes de plus par an à cause des parcs éoliens, la population disparaîtrait d'ici 75 à 100 ans", estime ce biologiste et ornithologue.
Il appelle à explorer de nouvelles techniques de protection comme celle consistant à peindre les pales des éoliennes.
"Les oiseaux ne voient pas les contrastes en noir et blanc aussi bien que nous, explique-t-il. Ils ne voient pas une pale blanche qui tourne dans un ciel nuageux. C'est très certainement pour cela qu'ils ne l'évitent pas."
Le chercheur a mené une expérimentation dans le parc éolien de Hopefield, au nord du Cap.
En 2023, l'entreprise sud-africaine Umoya a fait peindre des bandes rouges sur les pales de quatre éoliennes. Deux ans plus tard, la mortalité des oiseaux a baissé de 87%. La recherche pour rendre l'éolien plus respectueux de la biodiversité accélère depuis dix ans.
Mais, en pleine urgence climatique, est-ce un procès juste fait à cette source d'énergie renouvelable ? Pour Rob Simmons, c'est un cas d'école de "dilemme vert-vert".
"On ne peut pas sacrifier de nombreux oiseaux sur l'autel des énergies renouvelables et on ne peut pas continuer à brûler des carburants fossiles", observe le comportementaliste. Car au-delà du danger des pales: "certaines espèces comme le busard maure ne survivront pas au réchauffement climatique".
P.Petrenko--CPN