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Retour à l'école pour les 12 millions d'élèves de l'Hexagone
Retour à l'école pour les quelque 12 millions d'élèves de l'Hexagone. "Avec un professeur devant chaque classe", promet le gouvernement, malgré une crise inédite de recrutement des enseignants, qui fait planer une inquiétude pour cette année scolaire.
Après deux mois de vacances, écoliers (6,5 millions), collégiens (3,4 millions) et lycéens (2,2 millions) vont retrouver les copains, découvrir leurs professeurs et connaitre leur emploi du temps.
"À la veille de la rentrée scolaire, le Président - @EmmanuelMacron - a tenu à adresser un message aux élèves victimes de harcèlement : vous n'êtes pas seuls", a twitté le chef de l'Etat sur le compte de l'Elysée mercredi soir.
Contrairement aux deux rentrées précédentes, enseignants et élèves ne porteront pas le masque, en raison de l'accalmie sur le front du Covid-19. Il y a deux ans, les collégiens et lycéens avaient dû le mettre. L'an dernier, c'était le cas de tous les élèves à partir du CP.
Le protocole applicable à cette rentrée sera au niveau "socle", le plus bas du nouveau cadre sanitaire. Il prévoit, outre l'absence de masque, que les élèves soient accueillis en présentiel, sans restriction pour les activités physiques et sans limitation de brassage entre eux.
La rentrée avait eu lieu l'an dernier sous le sceau de la crise sanitaire. Cette année, c'est sous celui de la crise du recrutement des enseignants qu'elle se déroulera . Un phénomène qui n'est pas nouveau mais qui s'est encore aggravé cette année, avec plus de 4.000 postes non pourvus aux concours dans le pays, sur 27.300 postes ouverts dans le public et le privé (et 850.000 enseignants au total).
Le ministre de l'Education Pap Ndiaye n'a de cesse de le répéter depuis plusieurs jours: même si les conditions "ne sont pas optimales", la rentrée sera "comparable à celle de l'année dernière", "avec un professeur devant chaque classe".
Pour pallier cette pénurie, l'Education nationale a recruté des enseignants contractuels -3.000 selon Pap Ndiaye- formés en quelques jours avant de se retrouver face à une classe.
- "Rentrée explosive" -
Afin de rassurer, encore, le ministre de l'Education, qui effectue sa première rentrée à ce poste, a répété que "plus de 80% des contractuels ont déjà enseigné".
Il a toutefois anticipé les possibles tensions à venir en expliquant mardi sur RTL que cela "n'exclut pas au cours de l'année, des difficultés dans certaines disciplines".
Les inquiétudes sont vives du côté des parents d'élèves comme des syndicats, qui dénoncent "un bricolage" face aux recrutements des contractuels durant l'été.
"La promesse d'un professeur devant chaque élève semble plus ressembler à un slogan politique qu'à la réalité", a déclaré cette semaine Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Ce syndicat a lancé le mot-clé #NotreVraieRentrée pour recueillir des témoignages au sein des établissements.
"On aura des adultes devant les classes, pas des enseignants", déclare le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, qui craint déjà que le manque de remplaçants se fasse sentir dès les premiers congés maladie ou maternité.
Les parents d'élèves redoutent eux aussi "une rentrée explosive", indique à l'AFP Nageate Belahcen, co-présidente de la FCPE, première fédération de parents d'élèves. "Les enseignants absents non remplacés, les contractuels pas assez formés ou les maths au lycée... Les familles sont angoissées", dit-elle. Les maths sont réintroduits cette année (mais en option) dans le tronc commun au lycée dès la Première, après en avoir été retirés par la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer, prédécesseur de Pap Ndiaye.
Pour redresser l'attractivité du métier d'enseignants, le gouvernement a posé quelques jalons côté rémunérations. Pap Ndiaye a promis que "aucun enseignant ne commencerait sa carrière à moins de 2.000 euros net par mois à partir de la rentrée scolaire 2023". Cela sera "un salaire de départ, hors primes". Et des augmentations "significatives" auront lieu, a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.
A.Mykhailo--CPN