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Inde: discussions annoncées entre le gouvernement et les étudiants frondeurs
Des discussions sont prévues vendredi entre les étudiants indiens et le gouvernement, qui examine en conseil des ministres un projet de loi visant à lutter contre les fraudes aux examens à l'origine de la contestation qui agite le pays depuis cinq jours.
Des milliers de jeunes réunis sous la bannière d'un "parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement en ligne créé en mai, occupent depuis lundi une place du centre de la capitale New Delhi.
Ils dénoncent les fraudes régulières qui entachent les examens universitaires et exigent la démission du ministre de l'Education Dharmendra Pradhan.
"Nous espérons que le gouvernement viendra l'esprit ouvert et qu'il écoutera le peuple de ce pays", a déclaré à la presse un porte-parole du CJP, Saurav Das.
Le Premier ministre Narendra Modi est confronté avec la mobilisation des "cafards" à sa plus sérieuse crise politique depuis son élection à un troisième quinquennat à la tête du pays en 2024.
Dans un message vidéo posté nuitamment sur les réseaux sociaux, il a annoncé que le conseil des ministres examinerait vendredi un projet de loi visant à "la mise en place de procédures judiciaires accélérées et des sanctions sévères" pour les tricheurs.
"Nous ferons tout ce que est possible pour que ce projet de loi soit présenté et adopté par le Parlement le plus vite possible", a-t-il poursuivi.
"Pourquoi leur a-t-il fallu aussi longtemps pour faire ces annonces ?", a réagi vendredi auprès de l'AFP une protestataire de Delhi, Sushmita, 20 ans. "On va voir ce qu'il ressort de ce conseil des ministres..."
"Je crois qu'il va falloir continuer", a pour sa part anticipé Dhruv, 23 ans, un autre étudiant de la capitale. "Si on s'arrête, nous n'avons aucune garantie que le ministre (de l'Education) sera renvoyé".
- "Pas de poursuites" -
Le gouvernement fait l'objet de vives critiques après la répression brutale par les forces de l'ordre de la manifestation des étudiants et des jeunes organisées lundi dans la capitale en direction du Parlement.
Les violences ont fait 180 blessés, selon la police, "plusieurs centaines" selon les protestataires.
L'opposition parlementaire, dont son chef de file du parti du Congrès Rahul Gandhi, a demandé la démission de Narendra Modi.
Soutien de la fronde étudiante, Sonam Wangchuk, 59 ans, une figure de la société civile indienne, a annoncé jeudi soir qu'il mettait officiellement un terme à sa grève de la faim, entamée le 28 juin, après avoir obtenu des "garanties" du gouvernement.
"Ils nous ont assuré par écrit qu'aucune poursuite ne serait entreprise (...) contre les étudiants et les jeunes qui manifestent pacifiquement", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux après une visite de ministres à l'hôpital où il a été conduit de force par la police samedi.
"Ils nous ont aussi promis un débat ouvert au Parlement sur une meilleure organisation de l'éducation et du système d'examen pour éviter que les problèmes se répètent", a ajouté le militant.
La colère des étudiants est née de l'annulation en mai d'un examen national d'accès aux études de médecine passé par plus de 2 millions de candidats, dont les sujets avaient fuité. Selon les médias locaux, cette décision a causé plusieurs suicides.
Le mouvement des "cafards" en est devenu l'emblème. Il a été créé en mai sur les réseaux sociaux par un étudiant indien diplômé aux Etats-Unis, en réaction à des propos du président de la Cour suprême qualifiant les jeunes chômeurs de "parasites".
Au fil des semaines, le "parti des cafards" s'est fait le porte-parole de l'inquiétude des jeunes, qui peinent à trouver un emploi malgré la forte croissance économique du pays, ainsi que de ceux qui critiquent la dérive autoritaire de M. Modi.
bur-pa/clr
Y.Ponomarenko--CPN