-
PFAS: le délicat chantier de la protection des travailleurs
-
Afrique australe: le changement climatique amplifie les inondations de façon "significative", selon une étude
-
Meta: 4e trimestre meilleur qu'attendu et prévisions musclées pour 2026, le titre s'envole
-
Les Bourses européennes ouvrent majoritairement en hausse
-
Dans l'Ouest canadien, des Albertains rêvent d'indépendance sous l'oeil attentif des MAGA américains
-
Au Costa Rica, les quartiers pauvres endeuillés par l'essor du narcotrafic
-
A Hong Kong, l'argent séduit les épargnants face à l'or jugé "trop cher"
-
Manipulation de cours et corruption: décision jeudi pour l'ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri
-
Boualem Sansal aux portes de l'Académie française
-
L'Allemagne veut mieux protéger ses infrastructures face à la menace russe
-
Minneapolis: Trump durcit le ton, deux policiers suspendus
-
Le bénéfice net de Samsung bondit d'un tiers en 2025, tiré par l'IA
-
Le vol pour l'ISS avec l'astronaute française Sophie Adenot aura lieu au plus tôt le 11 février, annonce la Nasa
-
Wall Street pas surprise par la Fed, en attendant les résultats des géants de la tech
-
La Fed gèle ses taux et assure pouvoir travailler indépendamment des pressions politiques
-
"Comic strip", cheval et vichy rose: une messe à Paris en hommage à Brigitte Bardot
-
RATP: le nouveau PDG axe sa feuille de route sur la lutte contre la violence dans les transports
-
Mélenchon veut que les gazoducs Nord Stream soient "remis en route"
-
L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026
-
La Fed gèle ses taux contre l'avis de deux responsables
-
Peur dans une ville sicilienne balafrée par un glissement de terrain
-
Aide à mourir, soins palliatifs: que contiennent les textes sur la fin de vie ?
-
La Bourse de Paris termine en nette baisse, plombée par le luxe
-
Charles III s'inquiète du "recul" du combat contre le changement climatique
-
Climat: jugement "historique" aux Pays-Bas, ordonnés de mieux protéger une île
-
La tempête Kristin fait au moins quatre morts au Portugal
-
Un pas de plus dans l'interprétation du génome grâce à l'IA
-
Pour financer son appétit pour l'IA, Amazon va supprimer 16.000 postes dans le monde
-
Violences en ligne: les streamers Naruto et Safine jugés en juillet
-
Trump attaque le maire de Minneapolis, la "désescalade" fragilisée
-
Wall Street portée par la tech avant les résultats de grands noms du secteur
-
Recherche en ligne: Londres veut permettre aux sites internet de refuser l'IA de Google
-
Hauts-de-France: une ONG alerte sur une pollution de l'eau au fongicide
-
Amazon annonce la suppression de 16.000 postes dans le monde
-
Municipales: les transports gratuits, une promesse à la mode et variable
-
Israël: funérailles nationales pour le dernier otage à Gaza
-
Contre la "biopiraterie", le Brésil défend son açai d'Amazonie
-
Neil Young répond à Trump en offrant son catalogue au Groenland
-
Les murs du BHV vendus par Galeries Lafayette au canadien Brookfield
-
En Ouganda, le Quidditch d'Harry Potter fait des émules
-
Greenpeace dénonce la poursuite d'un commerce nucléaire "insupportable" entre France et Russie
-
La vente des murs du BHV est "finalisée" (Galeries Lafayette)
-
ASML annonce un bond de son bénéfice 2025 mais 1.700 suppressions de postes
-
Delta Air Lines commande 31 avions long-courrier à Airbus
-
L'ONG Care alerte sur dix "crises humanitaires oubliées" en 2025, l'Afrique surreprésentée
-
Au moins 12 morts dans une vague de frappes russes en Ukraine
-
Taux d'intérêt de la Fed: une nouvelle phase glaciaire se profile aux Etats-Unis
-
Minneapolis: Trump promet une "petite désescalade" après l'arrivée d'un de ses conseillers
-
Wall Street termine contrastée, nouveau record de l'indice S&P 500
-
Combien de microplastiques avons-nous dans le corps ? Des chercheurs veulent cadrer le débat
Assouplissant ou shampoing : avec les futurs "nez" qui créent les parfums du quotidien
Dans les laboratoires du chimiste allemand Symrise, l'odeur d'agrumes imprègne les blouses d'une poignée de futurs "nez" formés à créer des parfums de lessive ou de shampoing dont la complexité n'a rien à envier aux plus luxueuses fragrances.
Ces héros méconnus du linge qui sent bon influencent les émotions de millions de consommateurs pour lesquelles la senteur d'un article est souvent un critère d'achat déterminant.
Un savoir-faire qui s'apprend dans l'école de parfumerie intégrée à la multinationale Symrise, l'un des cinq plus gros fabricants mondiaux de fragrances et d'arômes pour produits ménagers, corporels ou alimentaires.
Au siège de l'entreprise à Holzminden, près de Hanovre (centre), chaque matin donne lieu au même exercice : reconnaître à l'aveugle une douzaine de senteurs parmi de dizaines de flacons étiquetés de matières premières - calone, aldéhyde, rose et autres muscs synthétiques.
"C'est comme accorder un instrument de musique" avant de jouer, sourit Alicia De Benito Cassado, espagnole de 32 ans, ancienne pianiste professionnelle reconvertie dans les études de parfumerie.
"Une odeur désagréable aide aussi à se découvrir", explique-t-elle. Adolescente, elle composait des parfums fantaisistes pour les accorder à ses propres poèmes et morceaux de musique.
Aujourd'hui, ce qui compte pour elle est de "créer des senteurs fortes, belles, puissantes — et abordables" pour les clients, résume-t-elle.
- Reconnaître 500 odeurs -
La complexité du métier surprend, justifiant une formation de trois ans : l'odeur d'un assouplissant peut comprendre "jusqu'à 80 ingrédients, bien plus qu'un parfum corporel de luxe", souligne Attiya Setai, étudiante sud-africaine de 27 ans.
Un bon "nez" devrait pouvoir reconnaître plus d'un millier de senteurs à l'aveugle, "mais connaître environ 500 matières par cœur suffit pour la majorité du travail quotidien", explique Shangyun Lyu, étudiant chinois de 31 ans.
Enfant, il assimilait la senteur envoûtante du jasmin à une jolie fleur. Aujourd'hui, il dit "reconnaitre les molécules chimiques qui en forment le parfum".
Peser au milligramme près, mélanger, sentir, recommencer... Les étudiants ont reproduit des formules de produits existants pour comprendre leur structure et aller plus loin : "Il y a une vérité dans le cœur de chaque parfum, mais aussi de l'innovation à apporter", explique Alicia.
Elle cite des matières comme l'œillet ou la rose qui "peuvent sembler démodées, mais qu'on peut toujours réinventer".
- Créer sous contraintes -
Dans leur élans créatifs, les "nez" doivent composer avec la réglementation : "il faut souvent remplacer des ingrédients interdits par de nouvelles molécules plus durables", explique Attiya.
Par exemple, le lilial, prisé pour ses notes de muguet mais reconnu comme allergène cutané, est interdit depuis 2022 dans l'Union européenne.
Autre enjeu, les parfums des produits ménagers et cosmétiques doivent coller aux goûts de chaque marché : " quelque chose de vieillot quelque part peut sembler nouveau ailleurs", constate Shangyun.
En Chine, un shampoing inspiré du parfum Mademoiselle Coco et enrichi en patchouli a séduit une jeune clientèle, alors que ce style paraît daté en Europe.
L'environnement joue aussi un rôle important dans le développement des parfums industriels. Symrise se sert des résines de bois non utilisées par l'industrie papetière pour en extraire des matières premières aromatiques, un choix "à la fois économiquement et écologiquement judicieux", affirme le maître parfumeur, Marc vom Ende, 56 ans, qui encadre les jeunes recrues.
Au-delà des matières premières, le métier de parfumeur est avant tout un travail d'équipe : "il est crucial que plusieurs personnes sentent un parfum, car chacun le perçoit différemment".
A cet égard, "former ces esprits créatifs, chacun ayant sa propre idée, n'est pas toujours simple!", explique-t-il.
Pour les accompagner, l'intelligence artificielle entre désormais en jeu, aidant à prédire quelles fragrances pourraient rencontrer le succès. Mais "à la fin, le nez aura toujours le dernier mot", assure M. vom Ende.
Les apprentis, cinq pour la promotion qui vient d'achever sa formation, vont s'envoler pour mettre leur "nez" au service du groupe, implanté à l'international : Alicia à Mexico, Attiya à Sao Polo et Shangyun au New Jersey.
Le métier reste rare : environ 500 parfumeurs exercent dans le secteur, dont 80 chez Symrise, qui compte 13.000 salariés et commercialise 30.000 produits : pour moitié des parfums fins et industriels, pour moitié des arômes alimentaires, le second pilier du groupe.
M.Mendoza--CPN