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Malgré de nouvelles frappes, les Iraniens nombreux pour la prière de l'Aïd
Les Iraniens étaient nombreux samedi dans plusieurs villes du pays pour participer aux prières de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de ramadan, malgré de nouvelles frappes israélo-américaines sur le pays, au moment où la guerre entre dans sa quatrième semaine.
Le conflit, qui a démarré le 28 février, s'est étendu à plusieurs pays de la région et pèse sur l'activité mondiale, notamment sur les cours du pétrole qui s'envolent.
Samedi, dès l'aube, une foule de croyants s'est réunie dans le centre de la capitale iranienne, pour une prière à la Grande Mosquée de l'Imam Khomeini.
Des images de la télévision d'Etat montraient les alentours de la mosquée bondés et de nombreux fidèles contraints de suivre la prière de l'extérieur.
Des scènes similaires étaient observées dans d'autres villes du pays, où internet est toujours coupé depuis trois semaines.
Des médias locaux rapportaient également de nombreux embouteillages, les habitants de Téhéran quittant samedi la capitale pour fêter Norouz, le nouvel an persan.
- Natanz ciblé -
Ces célébrations se déroulent dans une ambiance lourde, des frappes ayant visé plusieurs quartiers de Téhéran et de sa périphérie dans la nuit de vendredi à samedi, ainsi que la grande ville d'Ispahan (centre), selon l'agence Fars.
L'armée israélienne a confirmé avoir mené des attaques contre des "cibles du régime" dans la capitale.
Les Etats-Unis et Israël ont aussi frappé samedi le site d'enrichissement d'uranium de Natanz, dans le centre du pays, selon l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
En lançant l'offensive contre l'Iran fin février, Donald Trump avait affiché parmi les objectifs la volonté d'éliminer la menace nucléaire iranienne, les Occidentaux soupçonnant la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'elle dément.
Trois semaines après le début de la guerre, le président américain a évoqué pour la première fois vendredi la perspective d'une fin de conflit.
"Nous sommes sur le point d'atteindre nos objectifs" a-t-il affirmé sur son réseau Truth Social, ajoutant envisager de "réduire graduellement" les efforts militaires américains contre "le régime terroriste iranien".
Quelques heures plus tôt, il avait cependant écarté toute idée de cessez-le-feu et la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a indiqué sur X que le président et le Pentagone estimaient qu'il faudrait "entre quatre et six semaines pour achever la mission".
Plusieurs médias américains annoncent en outre un prochain déploiement de forces militaires supplémentaires dans la région.
- Attaque de drones à Bagdad -
De nombreux responsables du régime iranien ont été tués au cours de ces trois semaines d'offensive israélo-américaine, à commencer par le guide suprême Ali Khamenei, au premier jour de la guerre, le 28 février.
Il a depuis été remplacé par son fils Mojtaba Khamenei, qui a affirmé vendredi dans un message écrit que "l'ennemi" avait été "vaincu".
Blessé dans une frappe, ce dernier n'est toujours pas apparu en public depuis sa nomination.
Il n'était pas présent à la prière de l'Aïd à Téhéran, traditionnellement dirigée par le guide suprême de la République islamique.
La guerre s'est étendue aux monarchies du Golfe, l'Iran accusant ses voisins de permettre aux forces américaines de mener des attaques contre lui depuis leurs territoires.
Depuis le 28 février, Téhéran a lancé de nombreuses frappes de missiles et de drones visant selon lui les intérêts américains dans ces pays.
L'Iran a averti samedi les Emirats Arabes Unis qu'il répliquerait par "de violentes frappes" à toute attaque contre les îles du Golfe d'Abou Moussa et de Grande Tumb, contrôlées par Téhéran mais revendiquées par Abu Dhabi.
L'Irak est aussi touché: samedi matin, une attaque de drones a secoué un quartier résidentiel du centre de Bagdad, selon un responsable de la sécurité.
Cette attaque, qui a tué un officier, a visé le "bâtiment de télécommunications" du renseignement national, qui coopère avec des conseillers militaires américains dans le pays.
- "Ami fidèle" -
De son côté, Israël a annoncé avoir lancé des frappes sur la capitale libanaise Beyrouth, visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran.
Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison, selon l'Agence nationale d'information libanaise.
La guerre inquiète le monde entier pour ses répercussions sur l'économie internationale.
Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers franchissent le détroit d'Ormuz depuis que les forces iraniennes ont bloqué cette voie commerciale cruciale.
Les cours du pétrole ont terminé vendredi en hausse, avec le baril de Brent de la mer du Nord autour de 112 dollars, en-dessous néanmoins du seuil de 120 dollars, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit.
Vendredi, pour tenter de calmer cette flambée, les Etats-Unis ont autorisé la vente et la livraison de pétrole iranien se trouvant sur des navires, mais l'Iran a affirmé n'avoir aucun surplus de brut en mer.
Parmi les soutiens de l'Iran, le président russe Vladimir Poutine a souhaité samedi au peuple iranien d'avoir "la force de surmonter dignement de dures épreuves", tout en soulignant que "Moscou demeure un ami fidèle et un partenaire fiable pour Téhéran".
Alliée de longue date de l'Iran, la Russie dénonce les frappes menées sur le pays depuis fin février par Israël et les Etats-Unis.
burx-pid/anb
A.Levy--CPN