-
Enlisé dans sa guerre en Iran, Trump attendu à l'ONU
-
Charles "jovial" après la mort de Diana? Les principales accusations du livre choc du frère de Lady Di
-
Loi "intégrale": le jugement des viols réservé aux assises, la réponse pénale durcie
-
Wall Street clôture en hausse, nouveau record du Nasdaq
-
La vente aux enchères d'objets personnels de Bardot rapporte près de 954.000 euros
-
Pour faire des économies, la Cour des comptes suggère de limiter la masse salariale de la fonction publique
-
Les médias américains organisent la riposte face à Trump
-
La ministre Catherine Chabaud veut construire "avec les pêcheurs" un "plan de sauvegarde"
-
"L'avenir plutôt que les coupes sombres": les salariés de l'auto allemande refusent le déclin
-
Carburants, gaz pour l'hiver: l'exécutif sur tous les fronts
-
Wall Street ouvre en hausse, veut croire à la diplomatie
-
Les radios s'unissent pour pouvoir continuer à être écoutées dans les voitures
-
Etats-Unis: un blessé par balle au Texas dans un nouvel incident impliquant la police de l'immigration
-
Assurances: face aux sinistres plus fréquents et plus coûteux, les tarifs grimpent
-
UE: 403 millions d'euros d'amende contre Google pour le traitement des données de géolocalisation
-
Dette française: il faut "faire des choix" pour éviter "une spirale", dit Roland Lescure
-
La Bourse de Paris en hausse grâce à la baisse du pétrole
-
Sur l'internet pakistanais, 1,5 million d'enfants victimes de violences sexuelles
-
Les Bourses européennes en hausse à l'ouverture, portées par la baisse du pétrole
-
L'Indonésie peine à maîtriser des incendies qui noient toute la région dans la fumée
-
Les Etats-Unis ont discuté avec la Chine d'un "mécanisme" de dialogue sur l'IA
-
Carburants : l'exécutif sur tous les fronts
-
Face à Trump, Macron et Carney plaident pour un "rapprochement profond" de leurs pays
-
Droits télé: le président du PSG Nasser al-Khelaïfi visé en France par une enquête pour prise illégale d'intérêts
-
Aux Philippines, l'angoisse d'une tribu face à un projet IA américain
-
L'Etat accorde un prêt de 2 millions d'euros à l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens
-
A Singapour, une tour de contrôle des centres de données veille sur l'IA
-
Saint-Pierre-et-Miquelon est "français" répond Macron à Trump à son arrivée dans l'archipel
-
Un "front du refus" inédit mobilisé à Arles contre une ligne aérienne THT
-
Catherine Ringer inhumée à Paris aux côtés de Fred Chichin
-
L'IA de Google a perpétré des cyberattaques et deviné des identifiants
-
Compagnon artificiel, robot stimulateur... L’IA, au chevet des malades d’Alzheimer
-
Derrière "Lofi Girl", un entrepreneur français et un phénomène mondial sur YouTube
-
Déplacer le village de Miquelon: pas un modèle mais des leçons à tirer, selon une géographe
-
Cuba : nouvelle panne de courant massive, la septième de l'année
-
Wall Street termine en ordre dispersé, entre Fed et taux élevés
-
Sécheresse : les stations de lavage auto sont "la seule profession à qui on interdit de travailler", s'insurgent-elles
-
En difficulté, le secteur audiovisuel cible "l'apathie" des pouvoirs publics
-
La Bourse de Paris dans le rouge, les taux d'emprunts français flambent
-
Lidl France change soudainement de patron, une "surprise totale" pour les syndicats
-
Fin de la conférence Travail Emploi Retraites, des pistes sur la table pour candidats et partenaires sociaux
-
Wall Street ouvre en baisse, digère ses gains de la veille
-
"2,1 Top boules!" La FDJ ouvre pour la première fois au public les studios du Loto
-
La sécheresse fait bouillir l'éternelle bataille du prix du lait
-
Marchés: les Etats dans l'étau de la hausse des taux
-
Conflits et carburant: Macron dresse le tableau d'une crise durable, des candidats réclament des aides "massives"
-
Macron a reçu les candidats à sa succession ou leur bras droit sur des crises qui risquent de "durer"
-
Budget: les fonctionnaires, à nouveau mis à contribution, dénoncent leur "appauvrissement"
-
Berlin plaide pour une taxe européenne sur les superprofits pétroliers
-
"Complètement fou": un navire de guerre de Louis XIV en chantier dans le Nord
Côte d'Ivoire: chez les planteurs de cacao, la "malédiction de l'or brun"
C'est une maison en torchis, à 20 kilomètres de Guiglo, dans l'ouest ivorien, qu'on rejoint par une piste cahoteuse de terre rouge, avec pour toit une simple bâche, sans électricité. Ici vit Laurent Koné, producteur de cacao depuis trente ans.
La Côte d'Ivoire connaît actuellement de grandes difficultés pour vendre son cacao, du fait d'un ralentissement des exportations sur fond de problèmes de liquidités des acheteurs et de baisse des cours mondiaux.
Une épreuve de plus pour les planteurs, petites mains essentielles de "l'or brun", qui, souvent, vivent déjà dans des conditions très précaires.
La Banque mondiale, dont le dernier rapport sur le sujet date de 2019, estimait que plus de la moitié (54,9%) des producteurs de cacao gagnent moins de 757 francs CFA par jour (1,15 euros). Le cacao fait vivre indirectement environ un cinquième de la population ivoirienne, soit plus de cinq millions de personnes.
"J'ai commencé à planter en 1996 et jusqu'à présent je n'ai pas de toit car il n'y a pas l'argent", explique M. Koné, 54 ans, à l'AFP.
"Ce n'est pas digne", déplore-t-il.
Le gouvernement ivoirien martèle que la condition des planteurs est une de ses priorités: en un an, suivant la hausse des cours mondiaux, il a nettement augmenté le prix payé aux producteurs, fixé à 2.800 francs le kilo (4,26 euros), un record.
"Les producteurs sont debout, capables de manger à leur faim, capables de se loger, capables de se soigner, capables de jouir des bienfaits de l'électricité et de l'eau potable, capables d'envoyer leurs enfants à l'école et à l'université", se félicitait en octobre le ministre de l'Agriculture d'alors, Kobenan Kouassi Adjoumani, remplacé lors d'un remaniement vendredi.
Mais depuis la fixation de ce prix, les cours mondiaux ont chuté et les acheteurs se font rares. Résultat, la mesure n'a pas eu l'effet escompté: les exportations sont au ralenti et les producteurs ne sont plus payés, certains depuis des mois.
Comme dans de nombreux campements, à Betykro, autour de M. Koné, une cinquantaine de familles vivent toujours sans électricité et sans réseau mobile, avec une seule pompe pour l'eau.
Le premier dispensaire est à 10km de mauvaise piste et selon nombre de planteurs, la couverture maladie universelle mise en place par l'Etat n'est pas assez efficace pour couvrir les frais de santé.
- "Toujours plus vulnérables" -
"On est déçus", explique, abattu, Boniface Djabia, 64 ans, planteur et chef du village. "Les planteurs sont les plus pauvres de la Côte d'Ivoire", montrant ses vêtements usés jusqu'à la corde.
Les planteurs "sont toujours plus vulnérables", confirme Oscar Toukpo, sociologue à l'université Félix Houphouët Boigny d'Abidjan. En cause, selon lui: les rendements de plus en plus faibles de terres qui s'épuisent et l'augmentation du coût de la vie.
"Les paysans s'endettent auprès des coopératives et des vendeurs de produits phyto-sanitaires pour essayer d'améliorer la production" et "le cycle de pauvreté continue", poursuit le sociologue.
"Un sac d'engrais fait 22.000 francs (33 euros) mais il n'y a pas l'argent", déplore Laurent Koné. Dans son champ, à quelques dizaines de mètres de sa maison, il travaille encore uniquement à la machette et au gourdin, en chaussures ouvertes.
Aujourd'hui encore, le maintien des volumes de production repose sur l'extension des plantations, au détriment de la productivité.
Une stratégie qui montre ses limites, alors que la Côte d'Ivoire a déjà perdu 90% de son couvert forestier en 60 ans.
Selon la Banque Mondiale, la productivité du verger ivoirien stagne sur les 20 dernières années, autour de 450-550kg de fèves de cacao par hectare.
- Découragement -
"Certains vont même jusqu'à invoquer la malédiction de +l'or brun+", poursuit l'institution, pour trois raisons : la destruction des forêts, une pauvreté persistante et le fait que la Côte d'Ivoire ne perçoit que 6% du total des gains de la filière mondiale.
Ces dernières années, l'Etat a toutefois investi dans des sites de broyage du cacao, afin de transformer la matière première sur place.
Pour s'en sortir, certains producteurs diversifient leur production en plantant des palmiers ou de l'hévéa, utilisé pour la production de caoutchouc, qui produit 11 mois sur 12, contrairement au cacao dont la récolte est saisonnière.
"On, se débrouille avec les plantations d'hévéa", explique Alidou Traoré, jeune planteur de 24 ans qui a reprend les terres de son père. Dans son village, à quelques kilomètres de celui de Laurent Koné, les maisons semblent plus solides.
Mais le découragement pointe. La situation du cacao actuelle "ça ne me donne pas courage", poursuit le jeune homme.
"Je ne veux pas que mes enfants soient planteurs comme moi", souffle Laurent Koné, "parce que c'est une souffrance".
M.García--CPN