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Espace: l'Europe doit rattraper son retard pour rester indépendante, plaide le patron de l'ESA
Entre tensions internationales et rivalité féroce avec les Etats-Unis et la Chine, l'Europe, en perte de vitesse "préoccupante", doit investir massivement dans l'espace, clé de sa sécurité, estime Josef Aschbacher, directeur général de l'Agence spatiale européenne dans un entretien à l'AFP.
Accélérer sur les fusées réutilisables et la constellation de satellites européenne Iris2 pour combler le retard pris par rapport à SpaceX et Starlink d'Elon Musk, anticiper un éventuel désengagement de la Nasa et préparer un vol habité européen: c'est l'heure de vérité pour l'Europe spatiale, qui devra trancher sur les budgets et les priorités lors d'une réunion stratégique fin novembre à Brême.
Q - Qu'attendez-vous du Conseil ministériel de l'ESA?
R - Tout d'abord, avoir un engagement financier très fort de la part de tous les pays. C'est une opportunité unique d'amener l'Europe à un niveau plus haut dans l'espace.
L'Europe ne représente collectivement qu'environ 10% de l'économie spatiale mondiale en termes de financement public. Les États-Unis ont 60%, la Chine 15%, et la part européenne de 10% est en réalité en train de diminuer.
Cela me préoccupe parce que je sais que nous avons d'excellentes capacités, mais il y a un risque très élevé que les meilleures personnes, les meilleures entreprises, quittent l'Europe. Elles iront dans la Silicon Valley, aux Émirats Arabes Unis, au Japon. C'est très dangereux.
Il y a une énorme croissance du secteur spatial dans son ensemble, d'environ 10% par an, l'espace est utilisé dans la vie quotidienne, de l'agriculture à la prévision météorologique en passant par la défense et la sécurité. L'espace est devenu un atout stratégique et c'est reconnu par nos décideurs politiques.
Q - Après le lancement d'Ariane 6, comment maintenir la compétitivité de l'Europe face aux fusées réutilisables d'Elon Musk ?
R - En même temps que de lancer Ariane 6 (...), nous avons aussi décidé un changement de paradigme.
Nous avons actuellement cinq entreprises en compétition à travers l'Europe pour un nouveau lanceur (...) Pour être compétitifs, ces lanceurs devront être réutilisables.
Nous devons rattraper une situation où nous voyons qu'il y a un acteur dominant, SpaceX, et arriver sur le marché avec un lanceur réutilisable relativement rapidement. Nous sommes sur la bonne voie.
Q - Iris2 se différenciera-t-il de Starlink?
R - Nous n'avons pas d'autre choix que de devenir plus indépendants.
Iris2 est très différent de Starlink, qui dispose d'environ 8.000 satellites en orbite aujourd'hui. Iris2 en aura beaucoup moins, mais nous n'avons pas besoin d'autant. Nous avons besoin de communications sécurisées. Et en ce sens, nous ferons un bond en avant en termes de technologie. Et c'est là que l'Europe est vraiment forte.
Avec les programmes d'observation de la Terre Copernicus et de navigation Galileo, nous avons rattrapé un retard de 10 à 15 ans par rapport au système américain GPS, ou à Landsat dans le domaine de l'observation de la Terre. Aujourd'hui, ces deux programmes européens sont les meilleurs au monde.
Q : Quelles sont les conséquences des incertitudes concernant le budget de la Nasa sur vos projets communs ?
R : Si les propositions (de l'administration Trump, ndlr) sont suivies, il y aura un impact sur certaines de nos activités. Le plus grand concernera les missions d'exploration: l'utilisation de la station spatiale et les programmes concernant la Lune et Mars. Quelle que soit cette décision, nous sommes prêts à continuer.
Q : L'ESA envisage-t-elle la fin de certains programmes ?
R : Dix-neuf missions seront a priori affectées. Nous pensons que 16 d'entre elles ne le seront pas de manière importante. Pour les autres (le télescope spatial NewAthena, le détecteur spatial d'ondes gravitationnelles LISA et la mission vers Vénus EnVision, ndlr), une chose est claire: s'ils venaient à annuler leur participation nous serions capables de continuer ces projets avec notre propre technologie et en trouvant des ressources à l'intérieur de l'Europe ou en dehors.
Q : Cette situation vous oblige-t-elle à revoir votre politique de partenariat ?
R : Nous avons signé un nouvel accord avec l'agence spatiale japonaise. Nous voulons renforcer nos relations avec d'autres comme Israël ou l'Inde et travaillons étroitement avec la Corée du Sud. L'agence australienne a un mandat pour négocier un nouveau cadre de partenariat.
Q : L'Europe doit-elle développer les vols habités ?
R : Nous n'avons pas pris de décision, mais nous avons des éléments en préparation. L'un d'eux concerne le fret en orbite basse, un véhicule qui permet d'apporter du fret à la station spatiale et d'en rapporter sur Terre. L'Europe doit réfléchir beaucoup plus largement à son autonomie spatiale. Le vol habité sera l'un des éléments. C'est une décision politique.
Q : Des chercheurs américains postulent-ils à l'ESA ?
R : Oui, nous recevons des marques d'intérêt. Le critère numéro un est que nous recherchons les meilleurs talents. Bon nombre de ces collègues ont deux passeports, un américain et un européen, et ils peuvent donc postuler.
Q : L'ESA a-t-elle un rôle à jouer pour défendre la science ?
R : Absolument. Nous avons des données chiffrées qui montrent par exemple à quel point notre planète a changé depuis les années 70: les niveaux de pollution, le niveau des glaciers, le réchauffement climatique… Après, les gens peuvent fermer les yeux ou regarder la réalité en face et prendre des décisions.
S.F.Lacroix--CPN