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Conclave sur les retraites: toujours pas de fumée blanche
À la date butoir du conclave sur les retraites, impulsé par François Bayrou, les négociations entre partenaires sociaux ne progressent pas, mardi en fin de journée, entre constat de blocage et suspension de séance.
La négociation "n'a pas avancé", a d'abord déploré juste avant la pause déjeuner, à la mi-journée, Yvan Ricordeau, représentant de la CFDT, qui a agité le spectre d'un échec.
"On n'est pas d'accord sur... tout", a renchéri Christelle Thieffinne, négociatrice de la CFE-CGC au retour de son déjeuner. Les négociations ont repris vers 15h00.
Mais environ une heure plus tard, une longue suspension de séance a été décidée, les conseillers techniques et négociateurs de chaque camp s'isolant.
"Ça n'avance pas, le Medef (principale organisation patronale) ne veut pas participer à l'effort financier et refuse d'augmenter les cotisations", a alors cinglé Pascale Coton, négociatrice de la CFTC.
La concertation a ensuite repris en début de soirée. Pour longtemps? Des "plateaux repas" sont prévus pour les partenaires sociaux si les débats doivent se prolonger dans la nuit, a confié Christelle Thieffine.
Pour tenter de mettre de l'huile dans les rouages, le Premier ministre, François Bayrou, s'est dit prêt lundi à accorder "quelques jours de plus" aux cinq participants encore présents: CFDT, CFTC, CFE-CGC côté syndical, Medef et CPME côté patronal.
Mais les syndicats ont martelé qu'ils ne souhaitaient pas poursuivre les discussions si le Medef ne mettait pas sur la table de nouvelles propositions.
- "Insupportable pour nous" -
Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pénibilité et l'usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l'âge légal fixé par la réforme Borne de 2023.
La CFDT, en particulier, veut obtenir une possibilité de départ anticipé pour manipulation de charges lourdes, postures pénibles ou exposition aux vibrations mécaniques, dans le cadre d'un compte pénibilité (C2P) déjà existant.
Le patronat refuse pour l'instant une telle mesure. Ce serait "insupportable pour nous", a déclaré mardi matin en arrivant au conclave Eric Chevée, le représentant de la CPME (patronat pour petites et moyennes entreprises).
La CPME a proposé à la place un dispositif qui consisterait à créer des "points d'usure" pour les personnes "qui doivent porter des charges lourdes, subir des postures pénibles ou des vibrations mécaniques", ouvrant "droit à des formations, des aides à la reconversion".
Mais les syndicats accusent le patronat de privilégier la reconversion plutôt que les départs anticipés.
Parmi les autres "points durs", la CFTC a également mis comme "ligne rouge" - objectif impératif - le passage à 66 ans de l'âge de départ sans décote (contre 67 ans), également rejeté par le patronat.
- Prime seniors "pas évoquée" -
Les syndicats ont en tout cas enterré la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d'une "prime" pour inciter les salariés seniors à retarder leur départ à la retraite.
"Ce n'est ni une demande d'une organisation syndicale, ni d'une organisation patronale. Elle n'a fait l'objet d'aucun chiffrage et d'aucune étude de faisabilité, et pour l'instant, elle n'a pas été évoquée", a souligné Yvan Ricordeau à la mi-journée.
Même si ça ne faisait pas grand mystère depuis le début, le Medef a entériné depuis le 10 juin qu'il ne bougerait pas sur l'âge de départ à 64 ans.
Cela ne signifie pas forcément une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dépendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pénibilité, ou d'augmentation de cotisations sociales.
"S'il y a un accord (au conclave), il y aura débat au Parlement, mais je ne remettrai pas en chantier s'il n'y a pas d'accord", a déclaré François Bayrou devant l'Assemblée nationale mardi.
La fin du conclave est un instant de vérité pour le Premier ministre. Il s'était engagé au début du processus à présenter un éventuel accord de cette concertation devant le Parlement.
L'idée de ce conclave était principalement de rendre moins impopulaire la réforme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 à 64 ans le départ à la retraite. Tout en visant l'équilibre financier, alors qu'un déficit du système s'annonce à hauteur de 6,6 milliards d'euros en 2030.
Le Premier ministre avait lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement.
"Nous avons toujours été extrêmement clair: si le Parlement n'avait pas le dernier mot (sur les retraites), c'était la censure", a rappelé devant la presse mardi le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, Arthur Delaporte.
pgr-lby-boc-sl/alu/abl
M.Mendoza--CPN