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Wall Street finit en baisse, inquiète de la trajectoire de la Fed
La Bourse de New York a terminé en baisse jeudi, au terme d'une nouvelle séance échevelée, convaincue que la Banque centrale américaine (Fed) s'inquiète de l'inflation mais pas d'une correction du marché.
Le Dow Jones a abandonné 0,02%, l'indice Nasdaq, au fort parfum technologique, a lâché 1,40%, et l'indice élargi S&P 500, 0,54%.
En repli de 9,2% depuis fin décembre, le S&P 500 menace d'enregistrer le pire mois de janvier de son histoire, le record actuel (-8,6%) datant de 2009.
Les investisseurs peinent à se remettre de la conférence de presse du président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, mercredi.
Le ton "a été plus ferme que ce qu'attendaient certains", a expliqué Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.
"Donc le marché se fait à l'idée que la Réserve fédérale ne va pas être aussi prompte à soutenir le marché qu'elle l'a été par le passé", a-t-il ajouté, la priorité étant clairement à la jugulation de l'inflation.
Cette impression s'ajoute au fait que "le penchant à la vente quand le marché monte demeure un des thèmes dominants depuis le début de l'année", selon les analystes de Briefing.com.
La journée avait pourtant commencé en fanfare, sur l'élan de bons indicateurs macroéconomiques, en premier lieu par la croissance américaine, qui a atteint 6,9% en rythme annuel, contre 5,6% attendu.
Sur l'ensemble de 2021, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a progressé de 5,7%, sa plus forte hausse depuis 1984.
Mais la séance a suivi un scénario devenu classique depuis le début de l'année, se retournant à mi-journée avant de terminer en sens opposé de l'ouverture.
Les indices ont été plombés par des entreprises qui venaient de publier leurs résultats, notamment Tesla, Intel, McDonald's ou Comcast.
L'absence de présentation d'un nouveau modèle (Tesla) ou des marges un peu tassées (Intel ou McDonald's) malgré des bénéfices en forte hausse suffisent à effrayer les investisseurs.
Autre indice de la fébrilité des opérateurs, l'indice VIX, qui mesure la volatilité du marché, se maintenait à un niveau élevé, proche de son plus haut niveau depuis un an.
Au-dessus des attentes, Tesla n'en a pas moins été sanctionné (-11,55% à 829,10 dollars). Malgré le bénéfice record en 2021, certains se sont attardés sur les commentaires du PDG Elon Musk, qui a fait état de difficultés persistantes en matière d'approvisionnement.
D'autres regrettaient que le constructeur de voitures électriques n'ait pas annoncé l'arrivée de nouveaux modèles pour cette année.
Le navire amiral de l'industrie a entraîné dans son sillage tout le secteur, de Rivian (-10,50%) à Lucid (-14,10%), en passant par Nikola (-9,01%), mais aussi l'ancien General Motors.
De manière générale, comme cela a été régulièrement le cas ces dernières semaines, nombre de valeurs technologiques et de croissance ont de nouveau été mises au supplice.
Roblox (-9,46%), WeWork (-11,48%), Block (anciennement Square; -4,83%) ou Robinhood (-6,45%) ont été les plus durement touchés dans ce lot.
La rotation des portefeuilles, annoncée depuis plusieurs semaines, qui devait relancer le marché en rééquilibrant les placements avec moins de technologie et plus de valeurs traditionnelles, n'a pas eu l'effet escompté.
"Ce ne sera pas assez pour empêcher le marché de baisser", a prévenu Tom Cahill.
Exemple de ces valeurs traditionnelles, McDonald's a reculé jeudi (-0,44% à 248,74 dollars) après avoir raté la cible fixée par les analystes pour son chiffre d'affaires et son bénéfice trimestriels.
Intel a dérapé (-7,04% à 48,05 dollars), bien qu'ayant fait sensiblement mieux qu'attendu au quatrième trimestre, tant sur le plan du chiffre d'affaires que du bénéfice net.
Les investisseurs ont cependant retenu les prévisions du groupe un peu décevantes et s'inquiétaient aussi d'une dégradation des marges. Le géant des semi-conducteurs a engagé des investissements massifs, avec la construction prévue d'usines en Europe et aux États-Unis.
Certaines des sociétés sortant de publications ont réussi à s'extraire du marasme, à l'image de Dow (+5,17% à 60,18 dollars). Le géant américain des produits chimiques et des matériaux pour les industriels a fait mieux que prévu, en partie grâce à la hausse de ses prix.
Netflix a bondi (+7,51% à 386,70 dollars). La société d'investissement Pershing Square a annoncé mercredi soir avoir acquis 3,1 millions de titres de la plateforme vidéo en ligne, soit un peu moins de 1% des actions en circulation.
Connu pour son activisme, Pershing a indiqué avoir pris cette position pour profiter de la croissance du service par abonnement, et non pour réclamer un changement de stratégie.
A.Zimmermann--CPN