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En Iran, soif de vengeance et zéro compromis lors d'ultimes adieux à Khamenei
"Pas de compromis avec les assassins!", scande comme d'une seule voix une marée humaine d'Iraniens, animés par une soif de vengeance et l'envie de "tuer" Donald Trump, sur le passage du cercueil du guide suprême Ali Khamenei vers sa dernière demeure.
Sous un soleil de plomb et des températures avoisinant les 40°C, la colère brûle à Machhad, dans le nord-est de l'Iran, ville natale de l'ayatollah et haut lieu de l'islam chiite où il sera inhumé en soirée. Point d'orgue d'un hommage de six jours conçu comme une démonstration de force et d'unité de la part du pouvoir iranien.
"Seule la mort de Trump et de Netanyahu apaisera notre douleur", lance Hoda, une femme au foyer de 35 ans au milieu d'une foule amassée sur plusieurs kilomètres. A l'horizon brille le dôme du sanctuaire de l'imam Reza, le lieu le plus sacré du chiisme en Iran.
C'est dans ce somptueux édifice décoré de faïences multicolores et surmonté de deux minarets dorés, que doit être enterrée la dépouille du guide suprême mort dans une frappe américano-israélienne le 28 février, à l'âge de 86 ans dont près de 37 à la tête de la République islamique.
Beaucoup d'enfants sont présents. Des femmes de tous les âges, revêtues de tchadors noirs, se frappent la poitrine en signe de deuil. Certaines sont en pleurs.
"Il ne doit y avoir aucun compromis", ajoute Hoda, en allusion au protocole d'accord conclu avec les Etats-Unis à la mi-juin pour mettre fin aux hostilités. Et qui semble de plus en plus fragilisé.
- "Livrer Netanyahu" -
Ces funérailles ont lieu en pleine reprise des hostilités, malgré un cessez-le-feu conclu à la mi-juin: les Etats-Unis ont de nouveau frappé l'Iran dans la nuit pour tenter de réduire son contrôle sur le détroit d'Ormuz. Les forces iraniennes ont riposté en visant des sites au Koweït, au Qatar, à Bahreïn et en Jordanie.
A Machhad, la tension est palpable: un avion de chasse, qui a escorté l'appareil transportant la dépouille du guide suprême jusqu'à la ville, survole à plusieurs reprises la foule endeuillée. Et la sécurité est aux abois sur les toits.
Mohammad Afsharian, employé de 41 ans, estime les efforts diplomatiques "quasiment enterrés".
"Même si nous parvenions à un accord avec les Etats-Unis, nous aurions toujours des problèmes avec Israël", ennemi juré de la République islamique depuis son avènement en 1979.
"Si Trump veut négocier un accord, il doit nous livrer Netanyahu", insiste-t-il, alors que le sentiment général n'est clairement pas au dialogue avec le "Grand satan".
- "Il va y avoir du sang" -
Au pied d'un hôtel qui s'appelle le Miami, une banderole géante montre une caricature du président américain dont la tête est mise à prix. Un fidèle se promène lui avec une pancarte montrant Donald Trump avec la mention en anglais: "there will be blood" (il va y avoir du sang).
Alors que la foule s'épaissit, bénévoles et secouristes l'arrosent d'eau pour tenter d'atténuer la chaleur. Un laudateur électrise les participants avec des slogans religieux repris en chœur.
Ce sera l'épilogue de six jours de funérailles qui auront vu la dépouille du guide suprême, après un long hommage à Téhéran, traverser de hauts lieux du chiisme dans le pays et l'Irak voisin.
Les obsèques d'Ali Khamenei, élevé en martyr, sont comparables à celles de son prédécesseur en 1989, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique, et ont vu des millions d'Iraniens envahir lundi les rues de la capitale puis mardi de la ville sainte de Qom.
Son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, n'a toujours pas été vu en public depuis sa nomination en mars. Aucune déclaration en son nom n'a été diffusée depuis le début des cérémonies samedi à Téhéran. Blessé dans les bombardements, le dirigeant de 56 ans ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués.
Ng.A.Adebayo--CPN